Joseph Keutcheu, Agrégé de science politique : «…même si la science politique est naissante au Bénin, elle a un bel avenir»

En mission d’enseignement au Bénin du 8 au 12 juillet 2019 pour les auditeurs de Master2 en Science Politique Fondamentale de l’Ecole doctorale des sciences juridiques, administratives et politiques de la FADESP, nous avons rencontré le Professeur Joseph Keutcheu, Agrégé de science politique, Enseignant-chercheur à Université de Dschang au Cameroun. Dans cet entretien, il nous confie ses impressions après les interactions avec les auditeurs et parle de l’avenir de la science politique au Bénin.

Professeur Joseph Keutcheu

Vos impressions à la fin de cette mission ?

Professeur Joseph Keutcheu : « Je rentre avec l’assurance que, même si la science politique est naissante au Bénin, elle a un bel avenir. Parce que j’ai vu une classe avec un fort potentiel. J’ai pu juger le potentiel à partir des interactions que j’ai eues avec les étudiants, notamment les échanges pendant les cours, les questions hyper pertinentes qui étaient posées. Et puis il y a eu une conférence publique que j’ai animée et au cours de laquelle, j’ai été impressionnée par le type de questions et le niveau des échanges avec ces étudiants. Donc, je pars rassuré qu’avec l’accompagnement institutionnel que je vois, avec le potentiel que j’ai pu détecter chez les étudiants, bientôt on aura une génération de politistes percutants au Bénin. »

Que faudra –t-il aux étudiants et aux auditeurs pour qu’effectivement le Bénin ?

« Je vais résumer cela autour d’une exigence que j’ai présentée aux étudiants : la lecture. Il y a un grand besoin pour ces étudiants de lire, de se confronter à une littérature actuelle de la science politique. Cela signifie que ces étudiants doivent inlassablement être dans les bibliothèques, qu’elles soient physiques ou numériques, mais cela devrait être pratiquement culturel chez ces étudiants, la lecture. »

Quel peut être l’apport de la science politique au développement du Bénin et des Etats africains ?

« Il y a deux choses. Il y a d’abord l’éclairage. La science politique apporte de la lumière dans la société et permet au citoyen, d’avoir un autre regard de la société politique. Deuxième chose, le politiste peut se muer aussi en conseiller, notamment dans le cadre d’activités de consultance, et même dans le cadre d’activités politiques. L’activité politique est foisonnante au Bénin. Les récents événements viennent de le démontrer et on voit bien qu’il y a un champ qui est encore en friches, le champ du conseil en politique. Je pense que si on a des conseils politiques de valeur, cela ne pourra qu’être bénéfique pour l’optimisation de la prestation des hommes politiques au Bénin. »

Propos recueillis par Alain TOSSOUNON