À quelques jours de la présidentielle du 12 avril 2026, Céphise Béo Aguiar, expert en éducation et ambassadeur de Romuald Wadagni, détaille dans une interview accordée à Lameteo les réformes phares du projet éducatif du candidat. Entre digitalisation du système, valorisation des enseignants et arrimage des formations aux besoins du marché de l’emploi, il met en avant une transformation structurelle de l’école béninoise orientée vers la performance et l’insertion professionnelle des jeunes.
Au Bénin, à la veille de la présidentielle du 12 avril prochain, les questions liées à l’éducation et à l’employabilité des jeunes occupent une place centrale dans le débat public au Bénin. Dans une interview accordée à Lameteo, Céphise Béo Aguiar, expert en éducation, employabilité et mobilité internationale des jeunes, par ailleurs ambassadeur du candidat Romuald Wadagni, a présenté les axes majeurs du projet éducatif défendu par le duo Wadagni–Talata.
Lameteo : En tant qu’expert en éducation, quelles sont selon vous les principales réformes concrètes proposées par le projet de société de Romuald Wadagni pour améliorer durablement la qualité de l’enseignement au Bénin ?
Céphise Béo Aguiar : En ma qualité d’acteur du système éducatif national, j’ai noté d’innovantes propositions inscrites au projet de société du Ministre d’Etat, Romuald Wadagni. Dans son statut actuel, l’École béninoise a besoin de se réinventer et de s’adapter à la marche imposée par les avancées
technologiques et les exigences du progrès. Dans ce sens, entre autres propositions, celles liées à sa modernisation par une batterie de mesures de numérisation et de digitalisation retiennent mon attention. Il s’agit par exemple de la mise en place d’un identifiant unique de suivi de l’apprenant, de la maternelle à l’université et à l’emploi. Un suivi personnalisé et simultané donc par l’ensemble des acteurs, à savoir l’administration scolaire, les enseignants, la famille et l’apprenant lui-même. Il y a également la formation continue des enseignants par des formations certifiantes, des quizz, etc. Étudier à distance sera également possible désormais à partir du télé-enseignement. Et donc des campus numériques sont prévus à Natitingou, Parakou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, etc. Il est aussi prévu un Fonds pour financer la recherche scientifique par un modèle d’appel de fonds. Il ne faut pas perdre de vue que ces mesures précitées viennent s’ajouter à tout ce qui était en cours comme réformes, investissements et projets structurants dans le secteur. Avec un point d’honneur à l’enseignement technique et professionnel.
Le système éducatif béninois est souvent confronté à des défis liés aux conditions de travail des enseignants. Comment le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata envisage-t-il de valoriser la fonction enseignante tout en améliorant les performances des apprenants ?
Effectivement. Les défis sont nombreux pour l’École au niveau de tous les ordres d’enseignement. La valorisation de la fonction enseignante passe par la valorisation du système éducatif tout entier. Il est prévu que l’École continue de bénéficier des investissements de premier choix dans la mise en place d’infrastructures et d’outils modernes tels que les espaces numériques, les bibliothèques, les aires sportives, le renforcement continu des capacités des enseignants . Pour les formateurs, c’est tout bénef car un enseignant qui évolue dans un environnement moderne adapté aux mutations actuelles sera davantage motivé et productif. Cela s’en ressentira sur les rendements et la performance des apprenants.

Le chômage des jeunes diplômés reste une préoccupation majeure. Quelles innovations le projet éducatif de votre camp propose-t-il pour mieux aligner les formations (techniques, professionnelles et universitaires) avec les besoins du marché de l’emploi au Bénin ?
Travaillant depuis une dizaine d’années sur l’employabilité des jeunes par le volontariat professionnel national et international, j’ai noté tout comme le candidat, qu’une des carences majeures de notre système éducatif a été pendant longtemps le manque de suivi le l’apprenant et surtout de suivi personnalisé, avec pour finalité le rendement performant et l’insertion professionnelle. L’enfant entre à l’école, il en sort soit par descolarisation, ou par réorientation, ou quand il gravi toutes les marches. Sauf qu’on ne sait pas après s’il a réussi à s’insérer efficacement dans le tissu socioprofessionnel et économique. Son orientation scolaire est également hasardeuse. Soit par mimétisme, soit par imposition parentale soit par un regard furtif sur ces moyennes ou relevés d’examen. Un état de chose qui fait que l’École n’est pas toujours au rendez-vous des attentes. Romuald Wadagni et sa colistière, proposent le suivi personnalisé de l’apprenant du début à sa sortie et à son insertion professionnelle. Il est aussi envisagé la formation par alternance qui permet un partenariat public-privé avec des apprenants qui ont désormais un pied en entreprise pendant qu’ils poursuivent leurs études. C’est un renforcement systématique de l’employabilité du primo- demandeur d’emploi qui aura acquis du métier à la fin de son parcours académique. Une belle façon de régler la fameuse question de l’expérience professionnelle. Aujourd’hui le marché de l’emploi requiert de plus en plus des profils pertinents. Le projet de société du duo Wadagni- Talata propose la mise en place de mini-hubs numériques sur le modèle de Sèmè-City dans toutes les régions du pays. Il faut garder à l’esprit que Sèmè-City, se veut être notre Silicone Valley national, un incubateur de professionnels et d’entrepreneurs prêts à être employés ou à s’auto-employer. La vision est noble. Le porteur connaît le sujet. Faisons- lui foi et gardons l’espérance.

