Lors d’un échange franc et direct avec plus de 200 jeunes, le lundi 28 juillet 2025 à la présidence de la République, le président Patrice Talon a partagé sa vision d’une démocratie béninoise fondée sur le mérite et la compétence.
C’est un discours sans détour que le président Patrice Talon a tenu devant la jeunesse béninoise, 28 juillet 2025, au Palais de la Marina. Invités à échanger avec le chef de l’État, plus de 200 jeunes issus de divers horizons, y compris du parti d’opposition Les Démocrates, ont écouté une plaidoirie en faveur d’une démocratie rigoureuse, sélective, et centrée sur le mérite plutôt que sur le droit acquis.
« Exercer le pouvoir politique, être député, être ministre, être maire, ça relève davantage du mérite », a martelé le président Talon. Pour lui, la démocratie ne doit pas être réduite à la simple ouverture des postes électifs à tous. Elle doit, au contraire, être un mécanisme de sélection des plus compétents, de ceux capables de conduire efficacement la destinée collective.
Patrice Talon n’a pas caché son intention de pousser à une réforme des textes régissant la vie politique au Bénin. « Nous allons nous battre pour que nos textes soient suffisamment sélectifs », a-t-il insisté, estimant que le système passé permet parfois à des groupes politiques de se constituer sans répondre à de véritables critères de performance ou de sérieux. L’objectif, selon lui, n’est pas d’exclure, mais de garantir que les meilleurs émergent, qu’ils soient issus d’un parti, d’un mouvement ou de la société civile.
« Nous sommes tous politiques »
Dans un ton plus critique, le président béninois s’en est pris à la dépendance de certains à la politique comme unique voie d’ascension sociale. « Nous sommes tous politiques parce qu’entre-temps, la politique est devenue le seul moyen dont on se dit d’épanouissement », a-t-il regretté. Il a dénoncé une culture où seuls les élus ou titulaires de postes politiques vivent décemment, paient la scolarité de leurs enfants, entretiennent leur famille, voire « ont une ou deux maîtresses ou amants », selon ses mots crus mais illustratifs.
À travers cette rencontre, le chef de l’État a voulu insuffler une nouvelle philosophie : celle d’un Bénin où l’on peut exister et prospérer en dehors de la politique. « Ce n’est pas que par la politique qu’on peut vivre libre, gagner de l’argent, satisfaire à ses besoins nobles y compris inavouables », a-t-il souligné avec ironie. Selon lui, l’ambition nationale doit être de faire du développement économique et social un socle accessible à tous, indépendamment de l’engagement partisan.

