Les personnes qui réclament de l’argent aux détenus ou à leurs familles en promettant une grâce présidentielle ou une réduction de peine sont désormais dans le viseur des autorités béninoises. Les auteurs de ces pratiques frauduleuses s’exposent à des poursuites pénales.
Les autorités judiciaires entendent mettre un terme aux manœuvres qui entretiennent de faux espoirs chez les détenus et leurs proches. Dans un communiqué publié le 16 juillet 2026, le garde des Sceaux, Yvon Détchénou, annonce avoir instruit les procureurs de la République d’engager des poursuites contre toute personne qui exige de l’argent en échange d’une prétendue grâce présidentielle, d’une libération conditionnelle ou d’une mesure d’aménagement de peine.
Selon le ministre de la Justice, plusieurs individus se présentent auprès des détenus ou de leurs familles en affirmant pouvoir faire inscrire un dossier sur une liste de bénéficiaires. Pour gagner leur confiance, certains vont jusqu’à usurper l’identité de magistrats ou d’autres autorités.
Le communiqué rappelle qu’aucune procédure de ce type ne donne lieu à un paiement. « Aucun paiement, sous quelque forme que ce soit, ne peut être exigé ni n’est exigé ou accepté, en lien avec une demande d’aménagement de peine, de libération conditionnelle ou de grâce présidentielle. Aucune somme d’argent n’assure ni ne facilite l’accès à ces mesures. »
Les conditions d’éligibilité, précise également le document, sont appréciées uniquement sur la base des textes en vigueur. « Aucune autorité pénitentiaire ou carcérale, et aucun intermédiaire, n’intervient dans l’analyse des conditions légales d’éligibilité à ces mesures », indique le communiqué.
Toute personne qui prétend pouvoir influencer cette procédure contre rémunération ou toute autre faveur s’expose aux sanctions prévues par la loi. Dans ce cadre, des instructions ont été données aux procureurs de la République afin d’engager des poursuites pénales systématiques contre les auteurs de ces faits.
Le garde des Sceaux rappelle en outre que « la grâce présidentielle est une mesure qui relève de la seule prérogative du Chef de l’État et n’obéit à aucun calendrier prédéterminé. Aucune date, aucune échéance ni aucun délai ne peut donc être garanti ou promis par quiconque à ce titre ».
Les autorités invitent enfin les détenus, leurs familles et leurs proches à faire preuve de vigilance. « Ne payez rien, ne faites confiance à aucun intermédiaire, et signalez immédiatement toute sollicitation financière aux autorités compétentes », insiste le communiqué. Les signalements peuvent être effectués auprès de la Police républicaine, du ministère de la Justice et de la Législation ou de la Présidence de la République.

