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Journée mondiale de la liberté de la presse 2021 au Bénin : « Je ne suis pas trop intimidé par le classement de RSF », Gérard Guèdègbé

Après son classement sur la liberté de la presse dans le monde et au Bénin, certains ont pilonné sur Reporter sans frontières (RSF). Pareil pour Jacques Ayadji qui a reçu des répliques à la hauteur de ce qu’il a récemment dit de la presse. Gérard Guèdègbé journaliste et expert en stratégies de développement des médias a donné son point de vue sur tous ces sujets y compris sur la sortie médiatique du Chef de l’État Béninois Patrice Talon sur RFI et France 24.

Dans le cadre de la célébration du 3 mai, Journée internationale de la liberté de la presse, Gérard Guèdègbé, journaliste et expert en stratégies de développement des médias était l’invité de Café Médias Plus, vendredi 30 avril dernier. Occasion pour lui de donner son point de vue sur le classement de RSF, à propos de la liberté de presse et la vie des médias.
Interrogé sur ce nouveau classement qui montre que le Bénin est en régression en matière de liberté de presse, Gérard Guèdègbé, Expert en Stratégies de Développement des Médias n’a pas manqué de donner son impression sur la structure qu’est le RSF. « Je ne suis pas trop intimidé par le classement de RSF, et ça c’est personnel », a d’emblée indiqué l’Expert. Et de faire ensuite observer : « Quand vous regardez un peu RSF, d’abord, c’est une ONG. Ce n’est pas mauvais d’être une ONG. C’est-à-dire que RSF, à priori ne subit pas d’influence d’un pouvoir public. C’est pourquoi j’ai dit une ONG, c’est un gage d’indépendance n’est-ce pas ? ».

L’Expert en Stratégies de Développement remet par contre en doute la fiabilité du classement qui selon lui, manque d’objectivité. « Quand vous refusez de dire publiquement comment vous classez les pays, cela me pose problème », soutient Gérard Guèdègbé. L’invité Café Médias Plus s’explique : « Je pense que si vous faites un travail plus ou moins scientifique, sans grande subjectivité, ne serait-ce qu’aux acteurs des médias, il faut leur dire voici le questionnaire type. Et vous allez sur le site de RSF, vous allez voir le questionnaire type ou la grille de notation pour comprendre. Pourquoi quand ils publient la note, ils veulent que tout le monde soit d’accord ? Non on doit pouvoir regarder cela et pouvoir dire, par rapport à tel critère ou tel paramètre, tel indicateur, est-ce que vous avez fait une appréciation plus ou moins objective. Maintenant s’ils refusent de publier cela ou si tout le monde n’a pas accès, ne demandez pas aussi aux gens, d’accepter tous les classements de RSF.» Et de conclure : « Sur la démarche scientifique, il leur manque un peu plus de transparence. »

Pour une presse au service de “l’information comme bien public”

Quoique pas d’accord avec les classements RSF, l’Expert est tout aussi préoccupé par la situation de la presse béninoise. Pour Gérard Guèdègbé, si l’information doit être véritablement un bien public, allusion faite au thème de cette édition de la journée internationale de la presse, il faut absolument accompagner les médias par un financement public et l’inscrire comme un devoir constitutionnel pour les dirigeants. « En France, regardez un peu les moyens qu’ont les médias mais ils ont droit au financement public, à part certains qui refusent, même s’ils sont éligibles », rappelle l’Expert. Mais attention ! « Dans quelles conditions les médias béninois font cette demande ? Dans quel système structurel? », s’interroge l’invité.

Gérard Guèdègbé sur le plateau de Café Médias Plus vendredi 30 avril

Il donne deux exemples : Primo, il évoque les griefs de Jacques Ayadji, président du parti Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin) qui, dans une émission récente, a affirmé que dès lors qu’un acteur politique a de l’argent, il peut faire dire tout ce qu’il veut à la presse. « Pour moi, cette situation est inquiétante parce que lorsque vous vous trouvez dans une situation de marionnette, cela pose problème et je voudrais qu’on s’interroge sur nous-mêmes », analyse Gérard Guèdègbé qui loue d’ailleurs la bravoure et le courage de Jacques Ayadji qui, bien qu’ayant besoin de la presse ose dire ce qu’il pense de mal des acteurs.

La seconde illustration est relative à la sortie médiatique du Chef de l’État Béninois, Patrice Talon sur deux chaînes internationales au lendemain de sa réélection. Ces médias parlent “d’interview exclusive”. « RFI et France 24 brandissent ce trophée : interview exclusive. Je me demande ce que nous faisons pour convaincre nos acteurs publics pour qu’ils nous réservent ces exclusivités. Remarquez que les questions étaient dures. A un moment donné, le Chef de l’État a senti un peu de chaleur. Travaillons donc à mériter ces exclusivités dans le futur. Et je pense que nous avons des structures en place pour y arriver. »

Venance TONONGBE

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