Chute des autocraties africaines : l’Afrique centrale hors de portée ?

Printemps 2011! Des manifestations gonflés à bloc, assaillent Tunis puis d’autres villes tunisiennes. Leur cri de coeur, Ben Ali, dégage ! La tension est vive ! La citadelle Ben Ali résiste mais les caïds du régime refusent de faire couler le sang d’innocents. La rue tient bon et au finish, Zine El Abidine Ben Ali quitte son palais doré pour Riyad, la capitale saoudienne. Puis alors, le printemps arabe s’étend ! Hosni Moubarak, Muammar Kaddhafi,… puis certains potentats du golfe, tombent comme des châteaux de sable. Qui l’eut cru ! Pourtant, ces mêmes peuples ont subi, pendant des décennies, les atrocités de ces autocrates devenus inamovibles aux yeux de leurs compatriotes. Mais comme, quand peuple veut, peuple peut, la nuit est tout banalement tombée sur nos chers dictateurs endurcis. Pendant ce temps, les Timoniers nationaux de l’Afrique centrale continuaient toujours à se la couler douce dans leurs palais feutrés, scandale des bien mal acquis à la clé ! Puis vint encore une autre saison de débâcle populaire. Blaise Compaoré, un autre inamovible conforté dans ses attributs de médiateur atitré dans des crises pondues à volonté, ne vit pas venir la peste populaire emporteuse. Sorti de sa torpeur, il dû prendre la poudre d’escampette pour un exil forcé qui perdure encore chez le cousin ivoirien. Mais comme toujours, nous dictateurs de père en fils de l’équateur avons une fois encore tenu bon. Quel génie avez-vous de savoir ainsi contenir la colère des vôtres ! Puis encore,se mit encore à souffler un autre vent de dégagisme doux par là, violent par ici. Cette Afrique là, décidément ! Même des pères fondateurs assis sur leur tombeau de fauteuil présidentiel sont virés. Avant les deux derniers de la classe, Bouteflika et El Bechir, Zuma, Mugabe, Dos Santos, furent mis à la porte directement ou indirectement par le peuple. Des papis usés et fatigués, y’en finalement marre. Et eux, les deux derniers de la classe, n’eurent pas le choix de céder la maison au propriétaire, leur caution ayant été épuisée depuis des lustres. Mais encore et toujours, depuis le Palais du bord de mer, on observe tout cela, avec sérénité, dans une convalescence hémiplégique nous frappant d’incapacité. Pas loin de là, Maurice Kamto compte certainement les jours en attendant qu’un jour, le peuple dépité comme lui, ne vienne le sortir de sa bastille, une fois le patriarche camerounais chassé de la maison. De Brazzaville à Malabo en passant par Kampala, la même sérénité d’autocrate maîtrisant la situation. Erreur pourtant ! Car, un jour, alors qu’on croirait encore la citadelle toujours imprenable, l’adrénaline montera et alors, le peuple souverain dira son dernier mot. Comme d’autres avant eux, les fuyards s’en iront et les plus malchanceux, seront tels El Bechir retenus par les anciens compagnons de la cavalerie liberticide. Alors, maintenant que le vent est encore favorable, chers autocrates du centre , rendez la clé aux propriétaires pour sauver l’honneur. Sinon, soyez-en certains, la déchéance n’est plus loin !

Raoul HOUNTONDJI