Au lendemain de la tentative de putsch déjouée du 7 décembre 2025, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Me Robert Dossou, a salué la loyauté de l’armée béninoise, restée fidèle à son engagement républicain pris depuis 1990.
Invité du journal télévisé de 20 heures sur la SRTB-TV, le vendredi 12 décembre 2025, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, maître Robert Dossou, est longuement revenu sur la tentative de déstabilisation survenue le 7 décembre dernier. Au-delà de la clarification juridique entre les notions de putsch et de coup d’État, l’ancien doyen de la Faculté de droit et de science politique (FADESP) de l’Université d’Abomey-Calavi a surtout mis en lumière l’attitude républicaine de l’armée béninoise.
Dans son analyse, Me Dossou a tenu à rappeler les définitions juridiques précises souvent confondues dans le débat public. « Le putsch, c’est lorsqu’une institution de l’État non investie de pouvoirs politiques s’empare du pouvoir pour l’exercer », a-t-il expliqué. À l’inverse, « le coup d’État, c’est lorsqu’un organe investi de pouvoirs politiques neutralise les autres et concentre tous les pouvoirs entre ses mains ».
Pour le juriste, cette confusion terminologique n’est pas anodine. Elle résulte, selon lui, d’une « évolution sémantique » qui conduit à qualifier abusivement toute rupture institutionnelle de coup d’État. Robert Dossou s’est également élevé contre l’expression de « coup d’État constitutionnel », qu’il juge impropre, lui préférant celle de « coup d’État contre la Constitution ».
Sur le terrain du droit, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a été sans équivoque : le putsch demeure une infraction d’une gravité extrême. « Le putsch est d’une illégalité d’ordre public, à laquelle aucune dérogation n’est permise », a-t-il insisté, rappelant qu’aucune norme juridique, ni nationale ni internationale, ne saurait en légitimer la commission.
Revenant sur l’adoption de la Constitution du 11 décembre 1990, Robert Dossou a rappelé que ce texte fondateur avait fait l’objet d’un important travail de vulgarisation, y compris au sein des forces armées. L’objectif, a-t-il souligné, était de garantir une appropriation collective des valeurs républicaines et d’ancrer durablement l’armée dans un rôle strictement régalien.
C’est dans ce contexte que l’ancien président de la Cour constitutionnelle a salué la réaction des forces de défense et de sécurité face à la tentative de putsch déjouée. « L’armée s’était engagée, depuis 1990, à ne plus se mêler de putsch. Les loyalistes ont tenu parole. Il faut les saluer et en être fiers », a-t-il déclaré, rendant hommage à une armée restée fidèle à la Constitution et à la République.

