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Situation des droits humains au Bénin en 2025 : 5 atteintes qu’Amnesty International reproche au gouvernement Talon dans son rapport annuel

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Le rapport annuel 2025 d’Amnesty International met en avant plusieurs préoccupations liées aux droits humains au Bénin notamment des restrictions de libertés, l’insécurité, les déplacements de populations et des conditions de détention jugées difficiles.

L’ONG Amnesty International a présenté, mardi 21 avril 2026, son rapport 2025 sur la situation des droits humains dans le monde et au Bénin. Lors d’une conférence de presse à Cotonou, Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif de Amnesty International Bénin a fait un état des lieux des atteintes aux droits humains au Bénin.

En effet, l’organisation note que « les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont encore fait l’objet de restrictions cette année ». Un contexte favorisé par la situation sécuritaire au nord du pays qui a fortement pesé sur les populations. Elle évoque « une vague d’attaques meurtrières [qui] a entraîné le déplacement interne d’un nombre croissant de personnes », souvent confrontées à des conditions de vie précaires.

Sur la liberté d’expression

Sur la question de la liberté d’expression, le rapport met en cause l’usage de certaines lois, notamment le Code du numérique, qui continue selon l’ONG de limiter la parole publique. Ainsi, « les autorités ont continué d’utiliser certaines dispositions […] pour entraver le droit à la liberté d’expression ». Cette tendance s’illustre aussi par le recul du Bénin dans le classement de Reporters sans frontières, où le pays passe de la 89e à la 92e place.

Dans les faits, plusieurs médias et journalistes ont été concernés. Des suspensions, comme celles du journal Le Patriote ou du site Bénin Web TV, mais aussi des arrestations de journalistes et d’acteurs politiques ont été enregistrées au cours de l’année. Le rapport rappelle qu’« une cinquantaine de personnes ont été placées en détention provisoire » après la tentative de coup d’État du 7 décembre.

Manifestations encadrées

Les restrictions ne concernent pas seulement la parole, mais aussi les rassemblements. Amnesty International indique avoir documenté « des interdictions de manifester et la dispersion violente de manifestations » dans plusieurs villes. Ces situations ont conduit le parti d’opposition Les Démocrates à déposer des plaintes contre des agents de sécurité et des autorités locales, dénonçant des atteintes à la liberté de réunion.

Déplacements internes en hausse

La dégradation de la sécurité dans le nord du pays a entraîné une hausse importante du nombre de personnes déplacées. Le rapport souligne que « le nombre de personnes déplacées a plus que doublé », une augmentation confirmée par l’Organisation internationale pour la migration qui estime leur nombre à 27 294 en juillet 2025, soit une augmentation de 118 %.

Ces populations déplacées vivent dans des conditions difficiles. L’organisation note que « la plupart [ des déplacés ] vivaient dans des conditions déplorables » avec un accès limité aux services essentiels comme l’alimentation, l’eau, la santé ou encore le logement.

Migrants et réfugiés

La situation des migrants et réfugiés reste également préoccupante. Le rapport s’appuie sur des observations des Nations unies qui révèlent que « des problèmes subsistaient notamment concernant la privation de liberté et l’expulsion des personnes en situation irrégulière ».

Lors des échanges avec des organismes de l’ONU venus en inspection, les autorités béninoises ont reconnu leurs difficultés à assurer pleinement les services de base à ces populations, estimées à plus de 30 000 personnes, dont une majorité de femmes.

Conditions de détention difficiles

Autre point soulevé par le document concerne les conditions de détention et la gestion des affaires liées au terrorisme. Le rapport indique que « des centaines de personnes avaient été arrêtées [et que] nombre d’entre elles avaient été détenues sans avoir été formellement inculpées ».

À cela s’ajoutent des conditions carcérales jugées préoccupantes, avec en toile de fond, « la surpopulation, les mauvaises conditions sanitaires et l’accès insuffisant aux soins de santé », selon des constats effectués par des mécanismes des Nations unies.

Expulsions et indemnisations attendues

La question des expulsions forcées, notamment dans les zones côtières, reste en suspens. Le rapport relève que « des milliers de familles étaient potentiellement éligibles » à une indemnisation, plusieurs années après les opérations de déguerpissement. À Cotonou, dans le quartier de Fiyégnon 1, la situation est particulièrement marquante, avec « plus de 3 000 personnes [qui] avaient été expulsées sans indemnisation depuis 2021 ».

Un appel aux réformes

Au terme de son analyse, Amnesty International, avec d’autres organisations de la société civile, appelle les autorités béninoises à engager des changements. Elle invite les acteurs politiques issus des élections récentes à « s’engager à mener des réformes dans le but de se conformer aux obligations en matière de droits humains ».

Philippe G. LOKONON


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