Prise en charge des urgences vitales, gratuité de la scolarité des filles dans les établissements publics du secondaire, renforcement des infrastructures scolaires et sanitaires, soutien au secteur agricole… Après avoir mobilisé près de 40 milliards FCFA pour ces mesures sociales, le gouvernement béninois a expliqué comment il compte réunir les ressources nécessaires à leur financement.
Pour financer les mesures sociales annoncées en Conseil des ministres le 3 juin 2026, le gouvernement prévoit de réduire certaines dépenses et de mobiliser de nouvelles ressources. Ces options ont été détaillées par le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou avec le ministre de la Santé, le 5 juin dernier.
Selon le porte-parole du gouvernement, le collectif budgétaire adopté par l’État et soumis au Parlement repose sur deux principaux leviers : faire des économies sur certaines dépenses et améliorer la mobilisation des recettes. « Dans le collectif budgétaire, nous avons identifié plusieurs axes pour réduire les dépenses et pour renflouer les caisses à travers de nouvelles mobilisations », a-t-il déclaré.
L’un des premiers efforts annoncés concerne les dépenses de personnel. Le gouvernement prévoit une réduction d’environ 9,8 %, tout en maintenant les recrutements déjà programmés. Pour y parvenir, certains postes politiques considérés comme non essentiels pourraient être supprimés, leurs responsabilités étant confiées à d’autres responsables déjà en fonction. « Là où il y a des postes qui ne seraient pas indispensables, on peut décider de mettre fin à des postes politiques pour faire porter par d’autres responsables les charges que géraient déjà ces personnes-là », a expliqué Wilfried Léandre Houngbédji.
Des recettes supplémentaires envisagées
Le ministre a tenu à rassurer les citoyens sur un point : aucune contribution supplémentaire ne leur sera demandée dans l’immédiat. « Je peux vous rassurer d’une chose, en tant que Béninois, vous ne serez pas appelé dans les six mois à venir à contribuer davantage à la mobilisation des ressources intérieures », a-t-il affirmé.
Parmi les mesures envisagées figure la révision du système de laisser-passer appliqué aux véhicules étrangers qui entrent au Bénin. L’idée est d’allonger la durée de validité du document tout en ajustant son coût. « Ce qui est valable aujourd’hui trois jours peut l’être demain pour un mois. Si vous payez 5 000 pour trois jours et qu’on vous dit de payer 10 000 pour un mois, c’est vous qui gagnez », a illustré le porte-parole du gouvernement.
L’exécutif compte également mieux encadrer certaines activités génératrices de revenus qui ne contribuent pas encore au système fiscal. « Il y a des activités génératrices de revenus qui ne sont pas encore aujourd’hui saisies par le service des impôts et qui vont être appelées à apporter leurs contributions », a indiqué le ministre.
Les différentes mesures envisagées par le gouvernement permettront de réunir les ressources nécessaires pour financer les mesures sociales annoncées en Conseil des ministres. L’objectif est de soutenir ces nouvelles actions sans remettre en cause les recrutements prévus ni imposer, dans l’immédiat, de nouvelles charges directes aux citoyens.

