Avec l’adoption officielle d’une charte consacrant 16 droits et 7 devoirs, les patients béninois disposent désormais d’un cadre clair garantissant la protection de leur dignité et la responsabilisation de chacun dans le système sanitaire. Lancé le mardi 23 septembre 2025 à Cotonou, ce document marque un tournant dans la relation entre soignants et soignés.
La promesse est ferme : plus aucun crime, aucune négligence ni violation des droits du patient ne restera impuni. L’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS) a dévoilé une charte inédite qui place le citoyen au cœur du système sanitaire. Accessible depuis le domicile grâce à un document illustré, elle est désormais mise à la disposition des patients et des professionnels de santé.
Fruit d’un travail concerté entre juristes, associations de patients, défenseurs des droits humains et acteurs de santé, cette charte tire sa légitimité de huit textes législatifs nationaux et internationaux. Elle ambitionne de garantir le respect des droits, des devoirs et du bien-être des patients tout en clarifiant leurs obligations envers les établissements sanitaires et leurs personnels.
Seize droits consacrés
Le texte énumère 16 droits fondamentaux, parmi lesquels : le libre choix du médecin et de l’établissement, un environnement sain, l’accès équitable aux soins, le respect de la vie privée et de la dignité, le consentement éclairé, la confidentialité, la continuité des soins, le soulagement de la douleur, l’accès au dossier médical ou encore la possibilité d’exprimer des plaintes et de réclamer réparation en cas de préjudice.
Sept devoirs à respecter
La charte rappelle également que le patient a des responsabilités. Il doit fournir des informations exactes sur son état de santé, respecter les prescriptions médicales, se montrer courtois avec le personnel, suivre les règles des établissements, contribuer aux coûts de soins selon la loi, disposer d’une assurance maladie obligatoire et signaler toute anomalie ou menace pour la santé publique.
Un instrument de confiance
Pour Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, « ce document permet de mettre le patient au cœur du dispositif de santé ». Le président de l’ARS, Dr Lucien Dossou-Gbété, estime que « la prise en charge sanitaire ne consiste pas seulement en un acte médico-technique ; elle doit instaurer un climat de confiance ».
Même son de cloche pour le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, qui voit dans cette charte « un outil de dialogue qui responsabilise autant les patients que les soignants et participe à la qualité des soins ».

