Un pays envisage d’interdire l’ébouillantage des crustacés vivants, une pratique jugée cruelle envers des animaux désormais reconnus comme sensibles.
Faire bouillir un homard vivant, geste courant dans les cuisines du monde, pourrait devenir illégal outre-Manche. Le gouvernement britannique a dévoilé cette semaine un projet de loi sur le bien-être animal qui inclut, pour la première fois, les crustacés décapodes comme les crabes et les homards parmi les espèces capables de ressentir la douleur.
« Faire bouillir un crustacé vivant n’est pas une méthode d’abattage acceptable », indique le texte. Une mesure saluée par certaines associations comme Compassion pour les crustacés, menée par un vétérinaire militant depuis dix ans. « La science indique depuis longtemps que les crustacés sont des êtres sensibles », rappelle-t-il. « Les faire bouillir vivants ou les congeler jusqu’à la mort est inhumain. »
À Londres, la nouvelle divise les consommateurs. « C’est complètement ridicule », tranche l’un d’eux. « Nous avons toujours tué des animaux pour les manger. » Une autre cliente se montre plus nuancée : « Moi, je présente mes excuses quand je le mets dans la marmite. C’est vrai que c’est cruel. »
Pour éviter la souffrance, certains professionnels recommandent déjà une mise à mort plus rapide. « Vous avez une petite croix ici, avec un couteau juste ici, à travers la tête, et c’est instantané », explique un poissonnier français. Les associations préconisent l’électrocution, technique moins douloureuse mais coûteuse, nécessitant un équipement estimé à plus de 2,6 millions de FCFA, soit 4 000 euros.
De quoi faire bondir les restaurateurs. « Mettre les pinces du homard dans une prise ? » ironise l’un d’eux. « Je ne vois pas comment le gouvernement va faire appliquer ça, à moins de mettre des policiers dans ma cuisine. », a déclaré l’un d’eux à Francetv.
Une mesure similaire avait déjà été prise dans d’autres pays d’Europe. En 2018, le gouvernement suisse a pris une ordonnance interdisant la cuisson des homards sans les avoir préalablement assommé.
Philippe G. LOKONON

