À l’approche de la fermeture du marché Dantokpa, les autorités béninoises annoncent des mesures pour organiser les portefaix, appelés « Mèbôtô », dans les nouveaux sites de relocalisation.
Alors que le marché Dantokpa s’apprête à déménager de son site habituel, les autorités béninoises envisagent de conserver l’ensemble de l’écosystème de l’ancien marché dans les nouvelles infrastructures marchandes. Ainsi, des dispositions spécifiques sont en cours de mise en place pour les acteurs informels qui y opèrent, notamment les portefaix. Lors d’une conférence de presse tenue le 27 mars 2026 à Cotonou, la directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM) a détaillé les mesures prévues pour leur intégration dans les nouveaux marchés de Kouhounou et d’Akassato.
Selon Eunice Loisel Kiniffo, les portefaix font partie intégrante de l’écosystème du marché Dantokpa. « Ceux que vous appelez des portefaix aident les acheteurs à transporter ce qu’ils ont acheté et également les marchands à approvisionner leur étal », a-t-elle expliqué. Ces acteurs interviennent notamment lors du déchargement de marchandises arrivant par tricycles ou véhicules.
Face à la fermeture annoncée du site historique, certains groupements de portefaix ont pris les devants en se rapprochant de l’ANaGeM. « Ils se sont constitués en groupements et ils nous ont écrit », a indiqué la directrice générale. Une démarche qui a facilité leur prise en compte dans le processus de réorganisation.
L’objectif des autorités n’est pas de supprimer ces activités, mais de les restructurer. « Ce n’est pas de faire partir certains métiers […] c’est plutôt de les redimensionner, de les réorganiser », a précisé Eunice Loisel Kiniffo. Dans cette optique, des espaces dédiés ont été aménagés pour ces travailleurs sur les sites de relocalisation, notamment à Dantokpa Yôyô et Dantokpa Daho.
Un dispositif d’identification est également prévu pour mieux encadrer leur présence. Les portefaix retenus seront dotés de badges ainsi que de gilets nominatifs et numérotés. Cette mesure vise à assurer la traçabilité et la sécurité sur les nouveaux marchés. « Nous voulons savoir qui intervient sur nos sites », a insisté la responsable.
L’accès à cette activité sera ainsi réglementé. « N’importe qui […] qui va se faire passer pour ces Mèbôtô-là, ça ne risque pas de se passer », a-t-elle averti. Un moyen pour les autorités de limiter les infiltrations et la désorganisation au sein de ces nouvelles infrastructures marchandes.

