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Enseignants AME au Bénin : voici pourquoi l’État a choisi le recrutement sur titre plutôt que le reversement

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Le recrutement sur titre des Aspirants au métier d’enseignant (AME) doit permettre leur intégration progressive dans la fonction publique sans leur imposer un nouveau test. Pour Noël Chadaré, ce choix tient notamment à l’expérience déjà acquise par ces enseignants et à la volonté de sortir d’une situation de précarité qui dure depuis plusieurs années.

Le débat autour du statut des AME a été relancé avec la décision du gouvernement de privilégier un recrutement sur titre plutôt qu’un reversement. Intervenant jeudi 17 septembre 2026 dans l’émission « Matin Libre Politique », Noël Chadaré a expliqué les raisons qui, selon lui, justifient cette option. « Je suis de ceux qui ont demandé depuis 2019 qu’on puisse trouver une solution pour les AME », a-t-il déclaré.

Le syndicaliste affirme avoir accompagné les enseignants concernés depuis leurs débuts et rappelle avoir défendu leur maintien dans le système éducatif malgré les difficultés liées à leur statut.

Pas de nouveau test

Pour Noël Chadaré, leur faire subir un nouveau test après plusieurs années d’enseignement n’aurait pas beaucoup de sens. « Ils ont déjà passé un test. Pourquoi encore leur faire passer un test ? », s’est-il interrogé, en défendant le principe d’une reconnaissance de l’expérience acquise dans les salles de classe.

Le choix du recrutement sur titre répond aussi, selon lui, à une question de statut. Il estime que le terme « reversement » entretient une perception dévalorisante de la situation des AME et pourrait favoriser des traitements différenciés au sein de l’administration. « Moi, je préfère qu’on parle de recrutement sur titre, d’intégration dans la fonction publique. Le mot reversement est péjoratif », a-t-il expliqué.

Le syndicaliste revient également sur les échanges qu’il dit avoir eus avec l’ancien président Patrice Talon au sujet des AME. Il affirme avoir plaidé pour leur recrutement, en mettant notamment en avant les départs à la retraite des enseignants et la nécessité de renouveler les effectifs appelés à contribuer au financement du système de pensions. « J’ai dit qu’il faut une passerelle. Il faut qu’on puisse passer de cette situation de précarité à quelque chose de plus stable », a-t-il rapporté.

Sortir de la précarité

Le nouveau dispositif doit justement permettre de modifier le cadre dans lequel travaillent les AME. Noël Chadaré évoque leur futur statut d’agents contractuels de droit public des collectivités territoriales et les droits sociaux qui devraient y être associés.

Il insiste surtout sur la fin de contrats renouvelés dans l’incertitude. « Vous avez des gens qui travaillent neuf mois, puis après onze mois, douze mois, et qui ne savent pas ce qui va se passer après », a-t-il expliqué, en décrivant ce qu’il considère comme une précarité durable.

La mesure prend ainsi, à ses yeux, une dimension sociale. Il rappelle avoir lui-même connu une situation de préinsertion après ses débuts dans l’enseignement et dit se reconnaître dans le parcours des AME.

« J’ai une communauté de destin avec ces gens-là », a-t-il affirmé, estimant que leur intégration peut leur permettre de se projeter davantage dans leur carrière et de bénéficier de droits sociaux plus stables.

Noël Chadaré appelle toutefois à ne pas s’arrêter à l’annonce. Pour lui, les textes devant encadrer le recrutement doivent être pris rapidement afin que les enseignants concernés connaissent précisément les conditions de leur intégration. « Il faut que les textes sortent vite », a-t-il insisté.

Philippe G. LOKONON


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