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Burn-out au Bénin : psychologues de l’ABPP et journalistes de l’APMS-Bénin plaident pour une politique nationale de santé au travail

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À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, une politique nationale de santé au travail a été réclamée samedi 10 octobre 2026, pour mieux protéger les travailleurs béninois du burn-out. L’appel a été lancé à Cotonou par des psychologues de l’Association béninoise des psychologues praticiens (ABPP) et des journalistes de l’Alliance des professionnels des médias pour la santé au Bénin (APMS-Bénin).

Le stress professionnel et l’épuisement au travail ont réuni psychologues et journalistes en conférence-débat à Cotonou, le samedi 10 octobre 2026. Ils y ont demandé plus de prévention, un meilleur accompagnement des travailleurs en souffrance et une politique nationale dédiée. La rencontre a été organisée l’Alliance des professionnels des médias pour la santé au Bénin (APMS-Bénin) en collaboration avec l’Association béninoise des psychologues praticiens (ABPP). Elle a bénéficié du soutien de l’Association béninoise pour le marketing social (ABMS) et de la Croix-Rouge béninoise.

Les échanges ont tourné autour de ce qui pousse un travailleur au stress, des signes qui trahissent l’épuisement professionnel et des façons de préserver sa santé mentale au travail.

Pour une politique nationale de santé au travail

C’est le président de l’ABPP, docteur Adéossi Adéogoun, qui a porté le plus fortement ce message. Pour lui, les décideurs ont leur part de responsabilité dans la prévention des risques psychosociaux, et la santé mentale des travailleurs mérite une attention particulière. Il a donc plaidé pour la mise en place d’« une politique nationale de santé au travail ».

Cependant, l’enjeu dépasse pourtant le bien-être de chacun. Il touche aussi le fonctionnement des entreprises et des administrations, ainsi que la productivité de leurs équipes. Les intervenants ont rappelé que prévenir le burn-out suppose de mieux reconnaître les risques liés au travail, de faire une vraie place à l’écoute et de faciliter l’accès à un suivi psychologique.

Au fil des échanges, le docteur Magloire Aitchédji a expliqué comment le stress s’installe peu à peu et conduit à l’épuisement professionnel, avant de décrire les manifestations de ce mal. La discussion s’est ensuite élargie aux facteurs qui favorisent le burn-out et aux moyens de s’en prémunir, que l’on soit seul face à son poste ou au sein d’une organisation.

Toutefois, un obstacle, et non des moindres, persiste. Car beaucoup de travailleurs peinent à parler de ce qu’ils vivent. La crainte d’être jugé, ou d’être pris pour quelqu’un d’incapable, retarde la demande d’aide et peut aggraver les difficultés. Les intervenants ont donc plaidé pour des lieux de travail où chacun peut s’exprimer, être écouté et accompagné. L’un d’eux a résumé la gravité du problème en rappelant que « Le travail est devenu l’un des premiers lieux de souffrance psychique ». Face à ce constat, les participants ont retenu un message simple, que beaucoup ont répété autour d’eux, « Parler n’est pas une faiblesse, c’est un premier pas ».

La journée s’est achevée par une consultation psychologique gratuite, ouverte aux participants volontaires. Ceux qui le souhaitaient ont ainsi pu prolonger les échanges par un moment d’écoute et d’accompagnement.

Philippe G. LOKONON


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