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Eau potable à Gogounou : 4 forages et 90 km de réseau pour desservir 4 localités

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Quatre localités de la commune de Gogounou doivent bientôt disposer d’un système d’approvisionnement en eau potable beaucoup plus vaste. Le dispositif comprend quatre forages, un château d’eau de 450 m³ et près de 90 kilomètres de canalisations.

Le système d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (SAEPmV) de Ouara 2 dans la commune de Gogounou couvre les localités de Dougu (Ilougou), Soukarou, Ouara et Oura-Peulh. Une mission de réception provisoire conduite du 11 au 26 août 2026 dans l’Alibori et le Borgou permet de vérifier les ouvrages avant leur transfert à l’exploitation. À Ouara, les équipes de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR) contrôlent notamment les forages, le château d’eau, les stations de pompage, l’unité de traitement, les canalisations et les points de distribution.

Le réseau construit sur ce périmètre mesure 89 855,20 mètres. Il doit permettre d’acheminer l’eau produite par quatre forages vers les quatre localités couvertes. Le F2 fournit 16 m³/h, le F4 10 m³/h, le F6 30 m³/h et le forage d’Angardébou 6 m³/h. Ensemble, ils peuvent produire 62 m³ d’eau par heure.

Le dispositif a été dimensionné en tenant compte de l’évolution attendue de la population. Les quatre localités comptaient une population de référence estimée à 23 499 habitants en 2024. Les projections retenues portent sur 33 211 habitants en 2034 et 46 938 en 2044. Le besoin en eau, évalué à 61,9 m³/h pour le premier horizon, devrait atteindre 113,1 m³/h à vingt ans.

Un château d’eau de 450 m³ au cœur du système

Le stockage de l’eau est assuré par un château d’eau de 450 m³ installé à Kpétégourou, dans le village de Wara. L’ouvrage est haut de 18 mètres sous cuve. Les canalisations s’étendent sur près de 90 kilomètres et comprennent les réseaux d’adduction, de refoulement et de distribution. Pour faciliter l’exploitation et les interventions, le système compte également 99 vannes d’isolement, 30 dispositifs de vidange et 19 ventouses installées sous regards visitables.

La chaîne de production ne s’arrête pas au pompage. Une unité de traitement est équipée de deux pompes doseuses et de deux bacs de 300 litres. Le réseau électrique de la SBEE constitue la principale source d’énergie, avec des groupes électrogènes de secours prévus sur certaines stations.

25 bornes-fontaines et des branchements à domicile

Vingt-cinq bornes-fontaines sont prévues dans les quatre localités. Le projet prévoit également des branchements particuliers, qui doivent être réalisés par le fermier chargé de l’exploitation du service public sur le périmètre d’affermage. Pour les ménages, l’accès au branchement à domicile bénéficie d’une subvention. Les frais d’abonnement sont ainsi ramenés à 10 000 FCFA, contre 85 000 FCFA sans subvention.

Cette évolution doit répondre à des difficultés que les habitants de Ouara connaissent depuis plusieurs années. Une habitante rencontrée lors de la mission témoigne : « Pendant des années, nous n’avions qu’une seule pompe à motricité humaine dans tout le village, ce qui créait beaucoup de frustrations. Il y avait des files interminables chaque fois que nous allions chercher de l’eau. »

Le premier adjoint au maire de Gogounou, Yarou Boudou Soumaïla, rappelle également les conditions d’approvisionnement qui prévalaient auparavant : « Avant, les populations de nos villages avaient l’habitude de chercher de l’eau non potable pour les usages quotidiens. Il y avait des périodes où la recherche de l’eau devenait un véritable calvaire pour les femmes, avec de longues files d’attente au niveau des points d’eau et parfois des tensions. Ce temps est désormais révolu. »

Pour Dougu (Ilougou), Soukarou, Ouara et Oura-Peulh, les bornes-fontaines constituent les premiers points de distribution, tandis que les branchements à domicile doivent progressivement rapprocher l’eau potable des foyers.

Philippe G. LOKONON


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