À l’occasion d’une conférence de sensibilisation organisée à Cotonou à l’intention des professionnels des médias, le président du Comité des rites Vodun du Bénin, Mahugnon Kakpo, a plaidé pour une meilleure connaissance de la culture Vodun. Face aux stéréotypes persistants, l’universitaire et prêtre du Fâ a rappelé que le Vodun constitue l’un des fondements de l’identité culturelle des peuples du golfe du Bénin et continue d’influencer de nombreux aspects de la vie quotidienne.
Le débat sur la place du Vodun dans la société béninoise reste d’actualité. Pour le professeur Mahugnon Kakpo, président du Comité des rites Vodun du Bénin, cette richesse culturelle demeure encore victime de nombreux préjugés hérités de l’histoire coloniale.
S’exprimant le samedi 20 juin 2026 à Cotonou lors d’une conférence d’information et de sensibilisation des professionnels des médias sur l’univers du Vodun, organisée conjointement par le Comité des rites Vodun du Bénin et l’Union des professionnels des médias du Bénin, l’universitaire a appelé à une meilleure appropriation de cet héritage culturel.
Selon lui, le Vodun ne doit pas être réduit à sa seule dimension religieuse. Il constitue avant tout une culture profondément ancrée dans l’histoire et l’identité des peuples de l’espace Adja-Tado. « Le Vodun est notre culture. Nous sommes de culture Vodun. Dans le golfe du Bénin, dans le golfe de Guinée, dans l’Adja-Tado, nous sommes de culture Vodun », a-t-il affirmé devant les participants.
Une philosophie et un humanisme
Professeur titulaire de lettres des universités, enseignant-chercheur et prêtre du Fâ, Mahugnon Kakpo a présenté le Vodun comme un système de pensée global qui dépasse largement le cadre du culte.
Pour lui, le Vodun est à la fois une philosophie, une spiritualité et une religion qui place l’humain au centre de ses préoccupations. « Le Vodun est une philosophie. Le Vodun est une spiritualité. Le Vodun est une religion. Et en tant que philosophie, spiritualité et religion, le Vodun est une culture, une culture de l’humain donc un humanisme total », a-t-il expliqué.
À l’en croire, cet humanisme constitue l’un des marqueurs essentiels de l’identité culturelle des peuples Adja-Tado et plus largement du patrimoine culturel béninois.
Un héritage présent dans la vie quotidienne des Béninois
L’intervenant a également insisté sur la présence du Vodun dans le quotidien de nombreux citoyens, parfois sans qu’ils en aient conscience.
Il a notamment cité les perles, aujourd’hui largement utilisées comme accessoires de mode ou objets décoratifs, mais qui demeurent historiquement liées à l’univers Vodun.
Selon lui, les cauris présents dans certaines coiffures traditionnelles ou sur des vêtements constituent également des symboles directement associés à cette culture. « Nous consommons le Vodun chaque jour sans savoir que nous sommes dans le Vodun », a-t-il déclaré.
Source d’inspiration artistique
Mahugnon Kakpo estime par ailleurs que l’influence du Vodun se retrouve dans plusieurs formes d’expressions artistiques contemporaines.
Musique, danse, poésie, rythmes traditionnels ou encore costumes puisent largement dans ce patrimoine culturel ancestral. De nombreux artistes béninois modernisent aujourd’hui des chants et rythmes issus des traditions Vodun, parfois sans en mesurer pleinement les origines.
Le président du Comité des rites Vodun du Bénin a également pris l’exemple du culte Égun-gun, dont les manifestations associent danses, tissus, acrobaties, chants et panégyriques.
« On peut être de culture Vodun sans être de religion Vodun »
Mahugnon Kakpo a tenu à établir une distinction claire entre culture et religion. Selon lui, l’appartenance culturelle relève d’un héritage collectif transmis par l’histoire et les traditions, tandis que l’adhésion religieuse demeure un choix personnel.
« La religion est une question individuelle, personnelle. Mais la culture, c’est ce qui vous imprègne même malgré vous », a-t-il souligné.

