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Direction des examens et concours du Bénin : la Police démantèle un présumé système de rançonnement sur les primes du CEP

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Dix responsables de la Direction des examens et concours sont visés par une procédure judiciaire pour un système présumé de ponction sur les primes des enseignants superviseurs du CEP. Huit d’entre eux ont déjà été déférés devant la justice.

La Police républicaine a mis au jour un présumé système de ponction sur les primes des enseignants chargés de superviser le CEP 2026, impliquant dix responsables de la Direction des examens et concours, dont huit ont déjà été déférés devant la justice. Le porte-parole de la Police républicaine, le commissaire major Éric Orou Yérima, a présenté le vendredi 21 août 2026 les premiers éléments de cette enquête lors d’un point de presse à Cotonou. Selon lui, ce système aurait permis à des responsables de la Direction des examens et concours de détourner une partie des primes destinées aux enseignants chargés de surveiller les épreuves du Certificat d’études primaires, édition 2026.

L’affaire serait partie de plaintes d’enseignants affectés à la surveillance de ces épreuves. Certains auraient reçu des avertissements de mutation disciplinaire après avoir refusé de céder une partie de leur rémunération. Les vérifications menées par les enquêteurs auraient ensuite permis de mettre au jour un circuit organisé autour de la désignation des surveillants dans les centres d’examen.

Ce circuit reposait, selon les enquêteurs, sur un mécanisme de répartition des postes mis en place au sein de la direction. Dix chefs de service étaient concernés, chacun disposant d’un droit tacite de recommandation lui permettant de proposer cinq candidats, enseignants ou non, à la fonction de superviseur, alors qu’aucune disposition légale ou réglementaire ne prévoit une telle désignation par cooptation.

Sur une prime normalement fixée à 200 000 francs CFA, les retenues auraient atteint jusqu’à 160 000 francs CFA, soit environ 75 % du montant, ne laissant que 40 000 francs CFA au superviseur. Ce système fonctionnerait depuis plusieurs années, dans un climat de peur ayant poussé de nombreux agents à garder le silence par crainte de représailles professionnelles.

Un seul suspect placé sous mandat de dépôt

Le chef du secrétariat de la Direction des examens et concours est présenté comme le principal artisan présumé de ce système. Il aurait agi avec la complicité d’autres chefs de service de la même direction pour organiser et maintenir ce dispositif dans la durée.

Au terme des investigations, huit des dix responsables visés ont été déférés devant le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Un seul d’entre eux a été placé sous mandat de dépôt, les sept autres répondant des faits en restant libres dans l’attente de leur jugement.

La procédure judiciaire devra désormais confirmer la matérialisation de ces prélèvements, identifier d’éventuels complices supplémentaires et évaluer l’ampleur exacte du préjudice, y compris la possibilité que d’autres agents de la direction ou d’autres circonscriptions scolaires aient pris part à ce système.

Philippe G. LOKONON


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