En pleine recomposition politique à l’approche de la présidentielle du 12 avril 2026, les ralliements d’anciens opposants au duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata alimentent le débat au Bénin. Face aux critiques et soupçons d’opportunisme, Gaston Zossou défend une vision inclusive de l’engagement politique.
Le soutien affiché ces derniers jours par d’anciens cadres du parti d’opposition Les Démocrates au profit du duo présidentiel ne cesse de faire réagir. Après la démission de Chabi Yayi, fils de l’ancien chef de l’État Boni Yayi, puis celle de Guy Mitokpè, secrétaire à l’information du parti, plusieurs autres figures ont emboîté le pas en rejoignant la mouvance présidentielle.
Une vague de ralliements qui, sans surprise, suscite interrogations et frustrations, notamment chez certains militants historiques. Mais pour Gaston Zossou, il faut dépasser ces réactions émotionnelles.
« Ce n’est pas bien »
Invité à se prononcer sur ces départs, Gaston Zossou a choisi une analogie forte pour illustrer sa position. S’appuyant sur la parabole biblique du vigneron, il rappelle que chacun est libre de rejoindre un projet politique, indépendamment du moment de son engagement.
Mais c’est surtout sa comparaison avec la religion qui retient l’attention :
« Vous dites que votre religion est la bonne. Et vous êtes dérangés de voir des personnes dire que je veux être baptisées à votre religion. Ce n’est pas bien », a-t-il déclaré.
Pour lui, se sentir frustré face à ces ralliements relève d’une faiblesse : « C’est la faiblesse du frustré que d’être frustré », tranche-t-il.
Au-delà de la polémique, Gaston Zossou met en garde contre les motivations opportunistes. Il distingue clairement deux types d’engagement : celui guidé par le bien commun, et celui dicté par des intérêts personnels.
« Si vous venez dans une logique marchande, vous risquez d’être déçu », prévient-il, soulignant que les attentes individuelles ne pourront jamais être entièrement satisfaites dans une dynamique collective.
À l’inverse, il invite les nouveaux soutiens à s’inscrire dans une vision nationale pour bâtir « un Bénin fort, riche et rayonnant », où chaque citoyen trouvera sa place sans forcément attendre de contreparties immédiates.

