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Poliomyélite au Bénin : un pasteur interpellé pour s’être opposé à la vaccination au nom de la foi

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Dans le village de Péporiyakou, commune de Natitingou, un pasteur et ses fidèles refusent la vaccination contre la poliomyélite, invoquant des convictions religieuses. Alors qu’un cas a été détecté en avril dernier dans la localité, les autorités sanitaires et locales s’inquiètent de cette résistance qui met en péril la santé publique.

La campagne de vaccination contre la poliomyélite, actuellement en cours dans le département de l’Atacora, fait face à une résistance inattendue dans le village de Péporiyakou, commune de Natitingou. Un pasteur autoproclamé et sa communauté s’opposent à l’administration des vaccins aux enfants, affirmant que leur foi leur interdit de recevoir « des produits sanitaires ».

L’information a été rapportée par le quotidien national La Nation, qui précise que la situation a été portée à la connaissance du chef d’arrondissement de Péporiyakou, Basile Mané. Ce dernier a tenté de convaincre le groupe religieux de se raviser, mais en vain. « C’est une église informelle, puisqu’elle n’a pas d’autorisation, mais le dirigeant dit qu’il est le fondateur et qu’il a reçu l’Esprit saint, en soulignant qu’au nom de la foi, on ne doit pas donner des produits aux enfants », a-t-il confié.

Ce refus intervient pourtant dans un contexte alarmant. En avril 2025, un cas de poliomyélite a été détecté à Péporiyakou, déclenchant une riposte urgente des autorités sanitaires. Une mobilisation conjointe de la direction départementale de la Santé, des partenaires techniques et de la zone sanitaire de Natitingou avait alors été mise en place pour circonscrire tout risque de propagation.

Face à l’obstination du pasteur et à la dénonciation de ses agissements par des membres de la communauté, les forces de l’ordre sont intervenues. Le chef religieux a été interpellé le dimanche 20 juillet 2025 et devra répondre de ses actes.

Dans un appel lancé à la population, Basile Mané exhorte les citoyens à ne pas céder à des discours mettant en péril la santé des enfants : « Je voudrais demander à la population de faire très attention, car la santé a un prix. Si le gouvernement a pris la mesure de la couverture sanitaire en mettant les moyens à disposition, je crois que nous devons l’accepter. Cela va du bonheur des enfants. Il y a Dieu, mais à côté, il y a César. Donnez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César, ce qui est à César. »

Amour HLANNON


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