Le président béninois s’exprime sur la condamnation de son ex-collaborateur et ami.
Quelques semaines après la condamnation d’Olivier Boko et de l’ancien ministre des Sports, Oswald Homéky, pour « complot contre l’autorité de l’État », le président béninois Patrice Talon s’est exprimé pour la première fois sur cette affaire. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, il a partagé sa déception et dévoilé l’ampleur des responsabilités confiées à son ancien allié.
Interrogé sur son ressenti face à la condamnation de son ex-collaborateur et ami, le chef de l’État n’a pas caché sa déception. « Je lui ai fait confiance, au point de lui déléguer nombre de prérogatives dont il me déchargeait pour me permettre de me consacrer entièrement aux multiples dossiers techniques », a-t-il déclaré.
Olivier Boko, homme d’affaires influent, était chargé de missions hautement stratégiques pour le président béninois. Selon Patrice Talon, il représentait le pouvoir exécutif dans ses échanges avec divers acteurs politiques, sociaux et religieux. « Ma confiance envers lui était totale, au point où je lui avais délégué le contrôle des services de renseignement et de ma propre sécurité », a-t-il confié.
Rôle au sein de l’État
Le président béninois a insisté sur l’importance du rôle joué par son ex-collaborateur, allant jusqu’à dire qu’Olivier Boko était le seul, en dehors de lui-même, à pouvoir donner des instructions au chef de la Garde républicaine. « Il était tout, au moins l’ai-je cru jusqu’au bout, mes yeux et mes oreilles », a-t-il déploré.
Cette prise de parole de Patrice Talon marque un tournant dans cette affaire, qui a secoué la scène politique béninoise. Elle met en lumière la place centrale qu’occupait Olivier Boko dans l’appareil d’État avant sa chute.