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Nouveau Départ et syndrome de Judas [Chronique Roger Gbégnonvi]

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« Mais Jésus dit à Judas : ‘’Ami, fais ta besogne’’ » (Math. 26/50). On connaît la suite. Et que, presque dans la même veine que Judas, une petite bande béninoise du fric, aimant le Bénin d’un amour fort vénal, fit parcourir à ce pays sien un chemin de croix de son cru dans l’intention d’annuler le Nouveau Départ, appelé aussi Rupture, rupture d’avec les satrapes.
Se souvenir du 14 avril 2018 à Djeffa, caverne argentée de l’un d’eux. Ils s’y réunirent avec d’autres de l’opposition politique, comme naguère à Jérusalem, « dans le palais du Grand Prêtre, qui s’appelait Caïphe » (id. 26/3). Sans doute la réunion de Djeffa fixa-t-elle pour 2019 le retour à la satrapie. Aussi, au début du mois de mars 2019, des chasseurs de Kilibo oublièrent le gibier. Fusils bricolés et autres armes artisanales au poing, ils barrèrent la voie nord-sud : fin du flux des personnes et des biens. La police locale débordée, l’Etat fit appel à l’armée pour l’épauler. Des blessés parmi les forces de l’ordre. Ni morts ni blessés parmi les assaillants !? Cadavres et blessés emportés par les leurs mercenaires pour cacher leur provenance !? Le chef de la confrérie des chasseurs de Kilibo déclara plus tard qu’aucun des siens n’avait participé au complot et que lui, leur patron, n’avait donné aucun ordre de barrer quelque voie. Cela étant, la croix venait d’être chargée sur les épaules du Bénin.
Et il fut arrêté de lui faire gravir rageusement le calvaire du Golgotha. Le 19 avril donc, un vendredi saint, trois personnalités parmi les plus illustres et les plus adulées du Bénin débarquèrent à l’improviste sur le plus grand marché de Cotonou. Elles demandèrent à la foule commerçante de Dantokpa de se soulever. Incrédule, la foule regardait, immobile, ces trois illustres Béninois qu’elle avait si souvent acclamés. Le moins âgé des trois tenta le coup de poing avec un policier. Un autre policier dégoupilla une grenade rasante et sonore. Incrédules à leur tour, les trois grands conjurés détalèrent sans demander leur reste.
Mais « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ». L’assaut, prévu pour être final, fut donné le 1er mai. La fête du travail se prête à des revendications hurlées par des foules qu’on peut attiser de loin et transformer en braises sur la cité. Celui qui a échappé au supplice suprême du Golgotha n’échappera pas au supplice non moins suprême de la roche Tarpéienne, ramenée pour la circonstance au quartier Cadjêhoun de Cotonou, à l’entrée sud de la capitale économique, à côté du domicile d’un des attiseurs, déjà présent à Dantokpa avec propension au pugilat. Et ce fut un 1er mai tel que voulu pour le Bénin par deux anciens Présidents de la République et la Doyenne du Parlement avec le soutien d’une petite bande d’autres frustrés minables. Armés de bric et de broc, des nervis, stipendiés et drogués, firent irruption le 1er mai : voitures haut de gamme exposées à la vente parties en fumée. Le feu. Des aboiements dans la nuit. Un des nervis, ignare en plus d’être drogué, saisit une grenade fumante lancée par un policier : son bras droit devint moignon sanguinolent. Dans le brouhaha barbare de brutes ameutées et payées, les forces de l’ordre, olympiennes et stoïques, restèrent l’arme au pied. Mais quand le 2 mai les va-nu-pieds se remirent à piller, elles tirèrent. Des imprudents moururent. Il y eut des blessés. Ce fut la fin du cauchemar. Pour qu’il se calme, on enferma en sa caverne, 52 jours durant, le plus grand attiseur.
Prévenu par « il nous énerve, j’irai le chercher, j’irai le capturer », etc., le coryphée du Nouveau Départ sut empêcher l’embrasement général envisagé autour du 11 avril 2021. Ainsi le Bénin a-t-il déjoué la trahison de Judas et n’est-il pas retourné à la dictature des 278 partis politiques, à la torture des syndicats en grève six mois sur douze, á la tristesse des jours et nuits sans énergie électrique, à la souffrance des villages sans eau potable, etc. Sur orbite de démocratie et de développement, avance, ô Bénin, et point ne t’arrête en chemin.

Roger GBÉGNONVI

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