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Limitation du séjour des dépouilles mortelles à 30 jours au Bénin : Réactions contrastées des citoyens à Abomey-Calavi

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Dans les maisons funéraires publiques comme privées, le séjour des dépouilles mortelles est désormais limité à trente jours au Bénin. Cette décision, rendue publique dans un décret signé mardi dernier par le chef de l’État, a suscité des réactions contrastées au sein de l’opinion publique. Lameteo est allé à la rencontre des citoyens d’Abomey-Calavi pour recueillir leurs avis.

Un décret, publié mardi 9 juillet 2024, vise à standardiser et encadrer les pratiques funéraires dans le pays en fixant un délai maximal de 30 jours pour l’inhumation des dépouilles mortelles. Cette mesure de régulation est perçue de manière diverse par les Béninois.

Limitation du séjour des dépouilles mortelles à 30 jours au Bénin : Réactions contrastées des citoyens au micro de Lameteo

Pour certains, ce décret est une mesure salutaire. Une commerçante, habituée aux mobilisations et aux dépenses lors des obsèques, approuve le décret gouvernemental. « Le corps sans vie doit être vite inhumé afin que le défunt se repose en paix. Mais les gens déposent le corps de trois jusqu’à cinq ou six mois et gaspillent de l’argent. Après, c’est pour prêter de l’argent et s’endetter jusqu’au cou. Cela appauvrit la famille. Donc je suis très d’accord avec la décision prise par le gouvernement », a-t-elle déclaré.

Un conducteur de taxi-moto rencontré à la gare auto-moto de Calavi-Kpota propose d’adopter la méthode musulmane d’inhumation. « Chez les musulmans, c’est deux, trois ou quatre jours au plus. Il faut chercher de l’argent et le faire en même temps parce que si la dépouille n’est pas encore inhumée, les pensées sont toujours tournées vers le défunt, mais lorsque ce dernier est enterré, on l’oublie rapidement. », a-t-il suggéré.

Des critiques et des demandes de prorogation

Cependant, certains citoyens sont opposés à ce délai et demandent une prolongation. Une vendeuse s’insurge : « Ce n’est pas normal. C’est injuste de dire qu’on doit retirer le corps 30 jours après l’avoir mis à la morgue. On ne prévoit pas le jour où la mort viendra frapper donc on ne dispose pas souvent de réserves d’argent pour les obsèques, c’est pour cela qu’on dépose le défunt à la morgue. »

Sa position est renforcée par celle d’une vendeuse de divers, qui souligne que lorsqu’un défunt appartient à une grande famille dispersée, il faut du temps pour prévenir tout le monde. « Le délai de 30 jours est peu. Un délai de 3 mois, soit 90 jours, serait beaucoup plus avantageux », propose-t-elle.

Le décret prévoit que toute nécessité de prolongation au-delà de la période de 30 jours doit être expressément autorisée par le Procureur de la République compétent. Passé ce délai, et si aucune prorogation n’est accordée, une inhumation en fosse commune sera envisagée.

Karol Mafleur VIHOUEGNI & Djeska FALOUBI


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