Les dirigeants de la CEDEAO ont donné leur feu vert à la construction du Gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc en signant un accord intergouvernemental. Évalué à environ 15 087 milliards de francs CFA, ce projet reliera le Nigeria au Maroc sur 6 000 kilomètres en traversant 13 pays africains.
Les chefs d’État de la CEDEAO ont signé un accord intergouvernemental autorisant la construction du Gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc. D’un coût estimé à 23 milliards d’euros, soit environ 15 087 milliards de francs CFA, cette infrastructure de 6 000 kilomètres reliera le Nigeria au Maroc en traversant 13 pays africains avant d’être connectée au Gazoduc Maghreb-Europe (GME).
Le Gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP) transportera des milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian jusqu’au Maroc. Une fois arrivé dans le royaume, il sera raccordé au Gazoduc Maghreb-Europe, qui assure déjà l’acheminement du gaz vers l’Europe.
À l’annonce de la signature, l’ex-président en exercice de la CEDEAO et chef de l’État sierra-léonais, Julius Maada Bio, a déclaré : « Nous avons signé l’accord relatif au gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc, ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous. »
Casablanca et Abuja désignées pour piloter le projet
La société chargée du projet sera installée à Casablanca. Une autorité de gouvernance, baptisée Pipeline Higher Authority, aura son siège à Abuja. Selon le communiqué conjoint de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), ces deux structures seront mises en place avant la mobilisation des investisseurs et la préparation de la décision finale d’investissement.
Le même communiqué précise que le gazoduc « a pour ambition de relier les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest aux principaux centres de consommation régionaux, tout en renforçant l’intégration des marchés énergétiques africains et en créant un nouveau corridor de développement reliant l’Afrique de l’Ouest, les États du Sahel, le Royaume du Maroc et l’Europe ».
Selon une source de l’ONHYM, les travaux devraient débuter en 2028, tandis que les premières livraisons de gaz sont attendues en 2031.
La directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra, estime que « le Gazoduc Africain Atlantique contribuera durablement à renforcer la sécurité énergétique, à accélérer l’industrialisation, à soutenir la valorisation des ressources naturelles africaines et à promouvoir une prospérité partagée ».
Le roi Mohammed VI avait présenté ce projet en 2016 lors d’une visite à Abuja. Sa relance est intervenue après la décision prise par l’Algérie, en 2022, de mettre fin au contrat du Gazoduc Maghreb-Europe qui acheminait le gaz algérien vers l’Espagne en passant par le Maroc.

