À partir du 1er septembre 2025, les vernis à ongles semi-permanents contenant du TPO disparaîtront des rayons dans les 27 pays de l’Union européenne. Cette substance chimique, accusée d’être toxique pour la reproduction et soupçonnée de favoriser les cancers de la peau, est désormais interdite.
Les adeptes de manucures impeccables vont devoir se ronger… les ongles. En cause, l’oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine, plus simplement appelé TPO, composant phare de nombreux vernis semi-permanents. À partir du lundi 1er septembre 2025, il sera officiellement banni des produits cosmétiques en Europe.
Cette interdiction découle de la réglementation « Omnibus VII », publiée en mai dernier par les 27 États membres de l’Union européenne. L’objectif est de retirer du marché une substance jugée nocive pour la reproduction et dangereuse pour la peau.
Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), le problème ne réside pas seulement dans la composition chimique, mais aussi dans la technique d’application. Le durcissement du vernis au TPO nécessite une exposition aux lampes UVA ou LED, des rayons déjà connus pour « endommager l’ADN des cellules de la peau en produisant des radicaux libres », selon l’Académie nationale de médecine de France, qui alertait dès 2023 sur les risques de mutations cancérigènes.
Résultat, le TPO ne sera plus autorisé que dans les préparations professionnelles pour ongles artificiels, et encore, à une concentration maximale de 5 %. Autant dire que le vernis semi-permanent version grand public a perdu tout son éclat.
Cette nouvelle réglementation européenne ne s’arrête pas là. D’autres substances cosmétiques subiront le même sort dans les mois à venir, histoire de rappeler que l’innovation ne doit pas se faire aux dépens de la santé.
Philippe G. LOKONON

