L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) du Burkina Faso fait face à près de 35 milliards de francs CFA d’arriérés de factures impayées. Pour accélérer le recouvrement, l’institution s’appuie désormais sur la brigade Laabal, avec la menace de travaux d’intérêt général pour les débiteurs récalcitrants.
Au Burkina Faso, les factures d’eau impayées exposent désormais leurs auteurs à des mesures contraignantes. L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), confronté à d’importantes difficultés de recouvrement, a sollicité l’appui de la brigade Laabal, une unité mixte des Forces de sécurité et de Défense, pour amener les usagers à s’acquitter de leurs dettes.
Selon les chiffres communiqués par l’ONEA, les arriérés de paiement des factures d’eau, d’assainissement et de travaux réalisés atteignent près de 35 milliards de francs CFA. Une situation jugée préoccupante par la direction générale de la société publique.
Pour Idrissa Sourabié, directeur général de l’ONEA, le niveau des créances a atteint un seuil « critique » à la date du 31 janvier 2026. Cette situation, explique-t-il, « fragilise la trésorerie, ralentit les investissements et menace, à terme, la continuité et la qualité du service public d’approvisionnement en eau potable ».
Face à ces difficultés, la brigade Laabal est appelée en renfort. Initialement mise en place pour restaurer l’ordre, la discipline et le civisme dans l’espace public, elle intervient désormais dans la sensibilisation des citoyens et le recouvrement des dettes liées à la consommation d’eau.
Les autorités donnent un ultimatum clair aux débiteurs. Les particuliers comme les entreprises disposent d’un délai d’une semaine pour se mettre à jour. « Passé ce délai, ils seront naturellement réquisitionnés », prévient le lieutenant Franck Octave Kabré, commandant de la brigade Laabal. Il précise qu’« ils vont contribuer, d’une autre manière, à construire le pays et payer leurs factures », à travers des travaux d’intérêt général.
Dans un communiqué, l’ONEA indique que cette opération « cible prioritairement les gros débiteurs et les créances pour lesquelles les moyens conventionnels ne permettent pas d’avoir des résultats probants ».

