Adoptée à l’issue du sommet régional des 17 et 18 novembre 2025, la Déclaration de Cotonou engage les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre à accélérer la transformation numérique autour de l’accès, des compétences, de la confiance et de l’innovation, à l’horizon 2030.
Rendue publique à l’issue de deux jours d’activités, ayant lieu du lundi 17 au mardi 18 novembre 2025 dans la capitale économique du Bénin, la Déclaration de Cotonou a fixé des objectifs communs pour renforcer l’intégration numérique régionale. Ainsi, les États d’Afrique de l’Ouest et du Centre réunis, visent « un accès haut débit abordable pour 90 % de la population d’ici 2030, le déploiement d’infrastructures numériques publiques interopérables notamment l’identité numérique et les systèmes de paiement ainsi que le doublement du commerce électronique intra-africain ». Ils s’engagent aussi à harmoniser leurs cadres en cybersécurité, gouvernance des données et intelligence artificielle.
Le texte prévoit un investissement majeur dans les compétences. « 20 millions de personnes devront acquérir des connaissances numériques de base, tandis que 2 millions de jeunes et de femmes obtiendront des opportunités d’emploi ou d’entrepreneuriat dans le secteur ».
« Le numérique n’est plus un choix, c’est une obligation économique, sociale et stratégique. Aucun pays ne réussit seul ; la synergie entre États, secteur privé, société civile et jeunesse est la véritable infrastructure invisible qui permet une transformation numérique inclusive et durable. », a déclaré Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation du Bénin, lors de la rencontre.
La course vers l’IA
Les ministres veulent également renforcer les écosystèmes d’innovation en s’appuyant sur le secteur privé. Ils encouragent l’émergence de solutions africaines d’intelligence artificielle, soutenues par des infrastructures régionales de calcul, de cloud et de données, ainsi que des programmes d’IA ciblant des secteurs clés.
Le vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour le numérique et l’intelligence artificielle, Sangbu Kim, appelle à agir avec diligence. « Nous sommes à un moment critique. L’ère de l’intelligence artificielle ne nous attend pas. Les choix faits aujourd’hui détermineront qui bénéficiera de cette transformation. »
Appel à la mobilisation
La Déclaration mise aussi sur des pactes numériques nationaux associant réformes, financements et partenariats pour mobiliser davantage d’investissements privés. Elle promeut la coordination régionale, le partage de bonnes pratiques et la construction de marchés numériques intégrés. Des initiatives comme la Mission 300, visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030, sont citées comme leviers essentiels.
Selon Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la cohérence collective sera décisive dans cette stratégie de développement numérique. « La réussite de la Déclaration de Cotonou dépend de deux impératifs : mieux coordonner l’action des bailleurs et partenaires, et mieux communiquer les progrès pour attirer davantage d’investissements. Les Pactes Numériques seront des plateformes d’engagement autour d’une vision commune. », a-t-il souligné.
L’ambition du Bénin
Le sommet, co-organisé par le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale, a réuni plus de 200 participants, dont des ministres, des représentants des communautés économiques régionales, des dirigeants du secteur privé, de jeunes innovateurs et des organisations de la société civile.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Plan et du Développement du Bénin, le numérique est désormais au cœur de la transformation économique en Afrique et surtout au Bénin. « L’Afrique n’est plus seulement consommatrice, elle devient créatrice, innovante et influente dans l’économie numérique mondiale. Dans cette dynamique, le Bénin a fait un choix assumé : faire du numérique un pilier central de sa transformation économique ».
Alignée sur les ambitions de l’Union africaine à l’horizon 2030, la Déclaration de Cotonou trace ainsi la voie vers un espace numérique africain plus intégré, innovant et inclusif.

