Deux hommes sont entre les mains de la justice au Bénin après des affaires de viol présumé sur deux fillettes de dix ans, dans les communes de Karimama et de Péhunco. L’Institut national de la femme (INF) a rendu les faits publics le 6 novembre 2026 pour rappeler la tolérance zéro et appeler les familles à la vigilance.
Un jeune homme de 21 ans à Karimama, dans l’Alibori, et un homme de 70 ans à Péhunco, dans l’Atacora, ont été interpellés puis mis à la disposition de la justice pour des viols présumés commis fin octobre 2026 sur deux fillettes de 10 ans. Informé des deux dossiers, l’INF les a portés à la connaissance du public dans un communiqué publié le vendredi 6 novembre 2026, afin de rappeler les sanctions prévues par la loi et de mettre en garde les parents.
À Karimama, la fillette aurait été agressée sexuellement alors qu’elle se trouvait seule dans un champ. Le suspect a été interpellé le 24 octobre 2026. À Péhunco, c’est une écolière qui aurait été victime d’un viol, dont l’auteur présumé serait un voisin de la famille. L’affaire a été signalée le 31 octobre 2026 et a conduit à l’interpellation de cet homme.
L’institut salue la célérité des forces de sécurité et du Parquet spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il « suivra ces dossiers aux côtés des victimes et de leurs familles jusqu’à leur aboutissement ».
Pour l’INF, ces affaires rappellent que « dans la majorité des cas, les agresseurs d’enfants sont des voisins, des proches ou des personnes familières, qui profitent de la confiance, de l’isolement de l’enfant ou de l’absence des adultes ». L’institut ne laisse aucune place à l’excuse. « Aucune circonstance, ni l’alcool, ni la drogue, ni la pauvreté, ni la coutume, ne saurait excuser de tels actes. »
Sur le plan légal, le viol commis sur une mineure de moins de treize ans est puni de la réclusion criminelle à perpétuité, selon l’article 553 nouveau du Code pénal, issu de la loi n° 2021-11 du 20 décembre 2021. Ce crime relève des infractions poursuivies par la CRIET. Les procédures opérationnelles standardisées de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre imposent à tout intervenant de saisir le Parquet ou un commissariat, sans médiation ni règlement familial possible. L’INF peut aussi saisir les juridictions même en l’absence de plainte, et il « fera usage de ce pouvoir chaque fois que nécessaire ».
Les deux fillettes bénéficient, conformément aux procédures nationales, d’une prise en charge globale et confidentielle. Elle comprend un suivi médical, un soutien psychologique, un accompagnement social et une assistance juridique et judiciaire gratuite de l’INF, qui exprime sa solidarité à leurs familles.

Vigilance des familles
L’institut demande aux parents, aux familles et aux communautés de ne pas laisser les enfants seuls dans les champs, les pâturages ou au domicile d’un adulte, même voisin ou proche. Il les invite aussi à écouter les enfants, à les croire et à rester attentifs à tout changement de comportement, à la peur ou à un silence soudain. Les plus jeunes doivent apprendre que leur corps leur appartient et qu’ils doivent signaler tout geste déplacé.
Toute situation suspecte doit être signalée sans délai au numéro vert de l’INF, le 114, par WhatsApp au 01 51 07 88 88, ou à la Ligne d’assistance aux enfants, au 138. Il est aussi possible de s’adresser aux guichets uniques de protection sociale, aux points focaux de l’INF ou au commissariat le plus proche. Selon l’institut, les personnes qui signalent sont protégées.

