Le Bénin se classe 12e sur 54 pays africains dans l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2026, au-dessus des moyennes du continent et de l’Afrique de l’Ouest. Mais la Fondation Mo Ibrahim relève aussi un net recul de son score sur les élections démocratiques depuis 2016. L’indice a été publié le 31 octobre 2026 au Caire.
Avec 60,1 points sur 100, le Bénin se place dans le premier quart des pays africains pour la gouvernance globale, selon l’édition 2026 de l’indice que la Fondation Mo Ibrahim a rendue publique le samedi 31 octobre 2026 au Caire. Son score sur les élections démocratiques, lui, est tombé à 44,5 sur 100, soit 36,2 points de moins qu’en 2016. Le classement porte sur la décennie 2016-2025 et s’appuie sur 96 indicateurs construits à partir de données de 51 sources internationales, regroupés en quatre grandes catégories.
Les domaines de performance
Le profil du pays publié par la Fondation rappelle que le Bénin « obtient un score de 60,1 sur 100,0 en Gouvernance globale et se classe 12e sur 54 en Afrique ». Il dépasse la moyenne continentale, fixée à 50,1, ainsi que celle de l’Afrique de l’Ouest, qui est de 52,9. Sur dix ans, son score global a progressé de 2,6 points.
Les gains viennent de l’économie et du développement humain. Les Fondements des opportunités économiques affichent 59,8 sur 100, soit 12,3 points de mieux qu’en 2016, et le Développement humain atteint 56,3, en hausse de 6,9 points.
Parmi les indicateurs les plus améliorés figurent la perception des citoyens en matière d’infrastructures, en hausse de 30,5 points à 65,1, l’intégration régionale, en progression de 29,8 points à 68,0, et la perception des citoyens sur les services éducatifs, qui gagne 26,8 points pour atteindre 84,9. Le pays obtient par ailleurs 100 sur 100 pour sa législation contre les violences faites aux femmes.

Les contre-performances
Deux catégories reculent. Participation, droits et inclusion, la mieux notée du pays avec 63,8, a perdu 5,7 points. Sécurité et État de droit, à 60,5, a cédé 2,9 points.
Les écarts se creusent davantage sur certains indicateurs. L’absence d’influence indue chute de 47,2 points pour s’établir à 32,4, soit le recul le plus lourd du profil du Bénin. Viennent ensuite les élections démocratiques, avec 36,2 points en moins. Si l’on remonte le calcul, ce dernier indicateur était autour de 80,7 en 2016, avant de passer à 44,5 aujourd’hui. La gouvernance délibérative et participative perd 32,8 points et se retrouve à 51,7, tandis que les dispositifs anti-corruption cèdent 27,7 points, pour un score de 33,0.
D’autres indicateurs touchant aux libertés et aux contrepouvoirs sont aussi en repli. Les libertés d’association et de réunion perdent 25,0 points et tombent à 50,0, les contrepouvoirs institutionnels reculent de 23,2 points, à 45,5, et l’impartialité du système judiciaire de 17,5 points, à 41,0.
À l’échelle du continent, la Fondation estime que la gouvernance globale en Afrique « s’est améliorée malgré les chocs mondiaux successifs, même si ces progrès restent inégaux et fragiles ». Pour le Bénin, la même ligne de partage se dessine entre l’économie, qui avance, et les libertés politiques et civiques, qui reculent.

