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CRIET : après le plaidoyer de Mario Mètonou, Amnesty International veut voir les engagements du procureur spécial se concrétiser

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Le directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, Dieudonné Dagbéto, salue le plaidoyer du procureur spécial de la CRIET en faveur du respect des droits humains, lors de la rentrée judiciaire 2026-2027. Il attend toutefois des changements concrets dans les pratiques judiciaires, notamment en matière de droit à un procès équitable et de lutte contre les détentions arbitraires.

Le respect des droits humains dans le fonctionnement de la justice pénale demeure un enjeu majeur, dont les avancées doivent se mesurer aux faits. À la suite des déclarations de Mario Mètonou, procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Amnesty International Bénin appelle à traduire les engagements annoncés en changements concrets.

Lors de la rentrée judiciaire 2026-2027 de la CRIET, lundi 12 octobre 2026 à Cotonou, Mario Mètonou a défendu une justice qui concilie efficacité répressive et respect des droits fondamentaux. Il a notamment insisté sur les droits de la défense, la présomption d’innocence, la lutte contre l’arbitraire et la proportionnalité des peines.

Ce plaidoyer est accueilli favorablement par Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin. « Le plaidoyer du procureur spécial en faveur d’une justice qui respecte les droits de l’Homme sonne comme l’annonce d’une aube nouvelle et nous réjouit », affirme-t-il. Toutefois, pour le responsable de l’organisation de défense des droits humains, la portée de cette prise de position dépendra de ses effets sur les pratiques judiciaires.

Des changements perceptibles attendus

Dieudonné Dagbéto conditionne les espoirs suscités par les déclarations du procureur spécial à une évolution effective de la situation. « Si les lignes arrivaient effectivement à bouger, et que les marqueurs, les évidences deviennent perceptibles, c’est le Bénin qui en sortira davantage grandi », souligne-t-il.

Selon Amnesty International Bénin, le respect des droits fondamentaux doit notamment se traduire par des garanties effectives pour les personnes poursuivies et par la fin des détentions arbitraires.

Le manifeste de l’organisation pour la période 2026-2033 rappelle ainsi la nécessité de respecter et de garantir pleinement le droit à un procès équitable. Il insiste notamment sur le droit de toute personne poursuivie et jugée devant les tribunaux de communiquer avec un avocat de son choix et de recevoir sa visite.

L’organisation demande également de mettre fin aux détentions arbitraires et de libérer immédiatement et sans condition toute personne détenue sans motif légal ou en violation des droits humains.

Droits de la défense et détention provisoire

Les déclarations de Mario Mètonou lors de la rentrée judiciaire rejoignent plusieurs de ces préoccupations. Au sujet des garanties accordées aux personnes poursuivies, le procureur spécial a affirmé que « La présomption d’innocence et les droits de la défense ne sont pas des ruses de procédure ».

Il a également évoqué la lutte contre les abus dans le déroulement des procédures judiciaires. « Nous serons en même temps les premières sentinelles à nous dresser contre l’arbitraire de la procédure », a-t-il déclaré.

La détention provisoire constitue un autre point d’attention. Le procureur spécial souhaite qu’elle « redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : l’exception ultime ». Il a, par ailleurs, défendu la proportionnalité des peines en affirmant qu’« Il existe une troisième voie, noble et exigeante, celle de la proportionnalité ».

Ces prises de position traduisent une volonté affichée de concilier la répression des infractions avec le respect des droits fondamentaux. Néanmoins, l’enjeu, pour Amnesty International Bénin, est de voir les garanties annoncées devenir effectives, notamment en matière d’accès à un avocat, de procès équitable et de prévention des détentions arbitraires. C’est à cette condition que le plaidoyer du procureur spécial pourra se traduire par les changements attendus par l’organisation.

Philippe G. LOKONON


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