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Pèlerinage marial à Dassa-Zoumè au Bénin : voici ce que les fidèles ne doivent plus apporter sur le site

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Le pèlerinage marial de Dassa-Zoumè s’ouvre ce vendredi 21 août 2026, avec une consigne inédite pour les fidèles, ne rien apporter qui contienne du plastique à usage unique. L’Église et le gouvernement béninois unissent leurs forces pour offrir un rassemblement débarrassé des sachets plastiques.

Des milliers de fidèles catholiques affluent depuis ce vendredi 21 août vers la Grotte mariale Notre-Dame d’Arigbo, à Dassa-Zoumè, pour la 72e édition du pèlerinage marial national. Autour de ce grand rendez-vous de la foi catholique béninoise et régionale, une double mobilisation contre le plastique s’est mise en place, portée à la fois par l’Église et par le ministère du Cadre de vie et des Transports.

Officiellement baptisé pèlerinage marial national, ce rendez-vous attire chaque année des fidèles venus au-delà des frontières béninoises, du Togo, du Niger ou encore du Burkina Faso, ce qui en fait aussi l’un des grands rassemblements marials de la sous-région. La messe de clôture, prévue dimanche 23 août, sera présidée par le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, arrivé au Bénin le 11 août dernier.

C’est dans ce contexte que la Fondation Cardinal Bernardin Gantin a lancé l’opération « Dassa-Zoumè Zéro Sachet », pour réduire la pollution plastique pendant les trois jours de rassemblement et sensibiliser les pèlerins à la protection de l’environnement.

Dans une interview accordée à La Croix du Bénin le 13 août 2026, la secrétaire exécutive de la Fondation, sœur Chantal Adiko, explique que cette initiative part d’un constat chiffré. Elle rappelle qu’une étude scientifique menée en 2015 avait estimé qu’un pèlerin produisait environ un kilo de déchets plastiques pendant le pèlerinage de Dassa-Zoumè, soit environ 184 tonnes de déchets pour l’ensemble des participants.

Le projet s’inspire aussi des travaux du deuxième Prix international Cardinal Bernardin Gantin, consacré à des dessins écologiques réalisés par des enfants de 5 à 18 ans. Sœur Chantal Adiko dit vouloir concrétiser l’aspiration de cette jeune génération à grandir dans un environnement propre, avec pour ambition de promouvoir « un pèlerinage marial éco-responsable et solidaire à Dassa-Zoumè ».

Des consignes venues de l’Église et du gouvernement

La Fondation recommande aux pèlerins de venir avec des récipients réutilisables pour les repas et les boissons, comme des contenants en inox ou en verre, des gourdes et des bouteilles réutilisables. Elle conseille aussi des emballages biodégradables, notamment des feuilles naturelles, du papier kraft et des contenants en carton, ainsi que des sacs en tissu ou en papier pour transporter les aliments et les affaires.

Les pèlerins sont également invités à éviter les sachets plastiques et les emballages à usage unique, à ne pas jeter de déchets dans les lieux de prière, sur les pavés, dans les rues ou dans les caniveaux, et à utiliser les poubelles et points de collecte installés sur le site. Sœur Chantal Adiko demande aussi aux fidèles de respecter les consignes des agents de police, des scouts et des volontaires chargés de la sécurité et de l’assainissement du site.

Le message est aussi relayé par le clergé, à travers des contenus audiovisuels diffusés dans les jours qui ont précédé l’ouverture du pèlerinage. Le père Fortuné Badou, recteur de la Grotte mariale Notre-Dame d’Arigbo, y intervient sur le thème « Zéro sachet lors du pèlerinage marial d’Arigbo de Dassa-Zoumè ». Un autre message du père Hubert Kèdowidé, prêtre de l’Archidiocèse de Cotonou, reprend la même consigne auprès des fidèles. Les fidèles sont aussi sensibilisés lors des offices religieux précédant ce rendez-vous spirituel.

De son côté, le ministère du Cadre de vie et des Transports mène sa propre campagne, en partenariat avec la Fondation Moov Africa. Baptisée « Zéro plastique à Dassa-Zoumè », l’opération s’appuie sur des messages envoyés par SMS directement aux citoyens à l’occasion du pèlerinage. Le message est clair, éviter les sachets plastiques et les bouteilles jetables, privilégier les sacs réutilisables et promouvoir ce que le ministère appelle un « pèlerinage écocitoyen ».

Deux campagnes, deux origines, mais un seul objectif, éviter que la ferveur des trois prochains jours à Dassa-Zoumè ne laisse derrière elle des tonnes de sachets plastiques. Rendez-vous dimanche pour la messe de clôture, où l’on saura si ce pari collectif contre le plastique a tenu ses promesses.

Philippe G. LOKONON


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