Quinze journalistes prennent part à Bohicon à une formation consacrée au journalisme d’investigation sur les questions de corruption. L’initiative est portée par le consortium Social Watch Bénin – ALCRER avec l’appui du programme Redevabilité financé par la coopération suisse.
Pendant trois jours, des professionnels des médias venus de différents organes sont réunis à Bohicon pour approfondir leurs connaissances en matière d’enquête journalistique. Cette activité entre dans le cadre du projet « Agir pour le renforcement de la redevabilité sociale dans la gestion des finances et politiques publiques au Bénin », mis en œuvre par le consortium Social Watch Bénin – ALCRER.
L’objectif est d’aider les participants à mieux rechercher, analyser et traiter les informations liées à la gestion publique et aux faits de corruption, afin de produire des enquêtes plus solides et plus utiles au public.
À l’ouverture des travaux, les organisateurs ont invité les journalistes à profiter pleinement de cette opportunité. « Nous fondons beaucoup d’espoir sur votre engagement, votre professionnalisme et votre sens de l’intérêt général. Nous vous invitons à tirer pleinement profit des connaissances, des outils et des expériences qui seront partagés au cours de ces trois jours de travaux. »

Pour le président de l’ONG ALCRER, Vihoutou Martin Assogba, cette formation doit aussi permettre de renforcer les liens entre les médias, la société civile et les institutions engagées dans la promotion de la bonne gouvernance. « Notre souhait est que cette formation contribue à renforcer davantage la collaboration entre les médias, les organisations de la société civile et les institutions publiques engagées dans la promotion de la transparence, de l’intégrité et de la redevabilité. »
Il attend également des résultats concrets au terme du processus. « Notre attente est claire, voire émergée à l’issue de ce processus, des enquêtes plus construites, plus documentées et porteuses d’impact au service des citoyens et du débat public. »
Même ambition du côté de Social Watch Bénin. Son président, Rigobert Orou Ganni, souhaite voir émerger davantage de spécialistes de l’investigation sur les questions de corruption. « Notre souhait c’est qu’à la fin de ce processus que nous ayons au Bénin un vivier de journalistes d’investigation dans les faits de corruption. Que vous soyez bien formés et que vous soyez reconnus », a-t-il déclaré.

Le chef d’équipe de l’Unité de gestion du programme Redevabilité, Léopold Kohoun, a rappelé l’importance de ce type de journalisme dans une démocratie. « Le journalisme d’investigation joue un rôle stratégique. Il éclaire les zones d’ombres, documente les faits, interroge les pratiques et contribue à briser les mécanismes d’impunité et constitue à ce titre un pilier fondamental de toute démocratie soucieuse de transparence et de bonne gouvernance. »
Représentant le Haut-Commissariat à la prévention de la corruption, Euloge Francis Atadé a insisté sur l’utilité de la formation pour le traitement des dossiers liés à la corruption. « Cette formation doit aider à mieux identifier, mais aussi à analyser et traiter les informations relatives aux faits de corruption afin de permettre aux institutions en charge d’engager des procédures et d’atteindre les objectifs de lutte efficace contre la corruption, conformément aux différents outils et instruments auxquels le Bénin a souscrit. »
Soutenue par la troisième phase du programme Redevabilité, cette session de formation traduit la volonté des acteurs impliqués de renforcer les compétences des journalistes afin de favoriser la production d’enquêtes rigoureuses sur les questions de gouvernance, de transparence et de redevabilité au Bénin.

