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Bénin-Niger : les autorités de Niamey posent 2 conditions non-négociables avant la réouverture des frontières

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Le Niger a clairement affiché ses attentes avant toute normalisation complète de ses relations avec le Bénin. Réunis à Cotonou, les experts des deux pays ont été appelés à travailler en priorité sur des questions sensibles, que Niamey considère comme la clé d’une réouverture des frontières.

Le dialogue entre le Bénin et le Niger est entré dans une phase concrète depuis le vendredi 19 juin 2026 avec l’ouverture à Cotonou des travaux entre les délégations d’experts des deux pays. Cette rencontre fait suite à la visite d’amitié et de travail effectuée le 2 juin à Niamey par le président béninois Romuald Wadagni ainsi qu’aux premiers rapports élaborés par les équipes techniques chargées d’identifier les obstacles à la relance de la coopération bilatérale.

Après plusieurs mois de crispation entre les deux voisins, les discussions s’ouvrent avec un objectif majeur : créer les conditions d’une reprise de la coopération et de la réouverture de la frontière commune.

À l’ouverture des travaux, le chef de la délégation nigérienne, le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, a posé sans détour les exigences de Niamey.

La première porte sur la signature d’un accord de défense et d’un accord de sécurité entre les deux pays. « Premièrement, la signature d’un accord de défense et d’un accord de sécurité qui pose le principe intangible de la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, de la transparence totale sur les dispositifs étrangers stationnés à proximité de notre frontière commune. »

La deuxième concerne la mise en place effective d’un mécanisme commun de renseignement entre le Bénin et le Niger. « La création opérationnelle d’une cellule bilatérale de fusion du renseignement pour que nous cessions de lutter seuls contre un ennemi qui ne connaît pas de frontières. Sur ces points, notre mandat est ferme et notre exigence est totale. Ils ne doivent être pas négociables, car ils touchent à la survie même de nos États et à la sécurité de nos populations. », a indiqué le chef de la délégation nigérienne.

Pour Niamey, il s’agit d’abord de bâtir un cadre de confiance avant d’aller plus loin dans le réchauffement des relations entre les deux pays.

Économie et dossiers sensibles au menu

D’autres sujets figurent également à l’ordre du jour des échanges. Les experts doivent notamment se pencher sur les questions économiques, certains contentieux ainsi que le dossier relatif au tracking et à la condamnation de cinq fonctionnaires nigériens.

Mohamed Toumba a d’ailleurs invité les participants à concentrer leurs efforts sur les urgences communes plutôt que sur les différends passés. « Nous ne sommes pas ici pour ressasser le passé, mais pour construire un avenir commun. Les épreuves que nous avons traversées ont été rudes. »

Pour le ministre nigérien, les menaces auxquelles sont confrontés les deux pays imposent désormais une réponse concertée. « Le péril, nous le connaissons. Il se nomme terrorisme, trafic illicite, insécurité transfrontalière. Ce qui sauve, c’est notre capacité à rassembler, à dépasser nos différences pour affronter ensemble le défi commun. »

Il a également rappelé que la sécurité des populations et la défense de l’intégrité territoriale du Niger demeurent les principaux critères au regard desquels son pays appréciera les résultats de ces discussions.

Du côté béninois, Olushegun Adjadi Bakari, ministre chargé de l’Intégration africaine, s’est réjoui de la présence de la délégation nigérienne à Cotonou. Cette rencontre traduit, selon les autorités béninoises, la volonté commune de Romuald Wadagni et du général Abdourahamane Tiani d’avancer vers la réouverture de la frontière et la relance de la coopération entre les deux États.

Les échanges se poursuivent avec l’espoir de dégager des solutions consensuelles sur les principaux points de blocage qui affectent les relations entre le Bénin et le Niger.

Philippe G. LOKONON


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