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Vote de la loi-cadre sur la restitution des trésors pillés en Afrique : le Bénin pourrait bientôt rapatrier le dieu Gou et la tablette de Guèdègbé

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Le Parlement français a adopté à l’unanimité, lundi 13 avril 2026, la loi-cadre sur la restitution des biens culturels pillés pendant la colonisation. Une législation historique qui ouvre la voie au traitement systématique des dossiers de restitution en cours et des demandes à venir.

Après le Sénat, c’est l’Assemblée nationale qui vient de valider la loi-cadre sur la restitution des trésors et biens ancestraux pillés par la France lors de la colonisation. Au Palais Bourbon lundi 13 avril, le score du vote est sans appel : 170 voix pour et zéro contre.

Le texte de loi voté est venu concrétiser une promesse du président Emmanuel Macron, qui s’était engagé à faciliter le retour des œuvres africaines conservées dans les musées français. Jusqu’à présent, chaque restitution devait passer par une loi spécifique, une procédure longue et complexe. Désormais, ce nouveau cadre permet de simplifier et d’accélérer les démarches.

Lors du vote, Jean-Victor Castor, député de la gauche démocrate et républicaine de la Guyane, a insisté sur la dimension humaine et historique de cette décision. « Est-ce qu’à un moment donné vous vous mettez à la place de ces pays-là, de ces communautés, de ces groupes sociaux ? A savoir, imaginez la France qui perdrait la majorité ou l’essentiel de ses objets ou de ses restes humains et que tout ça figurerait peut-être par exemple dans les musées américains. Est-ce que vous l’accepteriez ? Il y a des faits historiques. La France, en tant qu’Empire, a colonisé les territoires, a pillé, a violé, a maltraité, a abîmé des peuples. », a-t-il déclaré.

Pour le Bénin, cette loi représente un réel espoir. Après le retour en 2021 de 26 trésors royaux du royaume d’Abomey, d’autres restitutions pourraient désormais suivre plus facilement.

Parmi les œuvres encore conservées en France figurent notamment le dieu Gou, divinité du fer et de la guerre dans le Panthéon Vodun, ainsi que la tablette de Fâ du devin Guèdègbé. Le retour de ces objets serait hautement symbolique pour le Bénin car au-delà de leur valeur artistique, ils font partie intégrante de l’histoire, de la culture et de l’identité du pays.

Cette loi pourrait également profiter à d’autres pays africains qui réclament depuis longtemps la restitution de leur patrimoine. Il reste maintenant à voir comment cette volonté politique se traduira concrètement, à travers des restitutions effectives dans les mois et années à venir.

Philippe G. LOKONON


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