À la suite des bombardements menés par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Téhéran a instauré un blocus de fait du détroit d’Ormuz, voie stratégique du commerce mondial des hydrocarbures. Des attaques de navires ont été signalées et les marchés pétroliers réagissent déjà, faisant craindre une crise énergétique internationale.
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le golfe Persique et l’océan Indien, est au cœur d’une nouvelle flambée de tensions. Après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les autorités iraniennes, à travers les Gardiens de la Révolution, ont annoncé qu’aucun navire ne serait autorisé à traverser la zone. Plusieurs compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées. Des navires commerciaux ont également été attaqués, selon des agences internationales.
D’après Reuters, au moins trois pétroliers ont été endommagés dans le Golfe le 1er mars. Les primes d’assurance maritime ont fortement augmenté et certains armateurs ont choisi de détourner leurs navires pour éviter la zone.
Un passage stratégique pour le pétrole et le gaz
Le détroit d’Ormuz est l’un des points névralgiques du commerce mondial. Chaque jour, environ 17 à 20 millions de barils de pétrole y transitent, soit près de 20 % de l’approvisionnement mondial. Une part importante du gaz naturel liquéfié exporté par les pays du Golfe passe aussi par cette voie.
Une fermeture prolongée réduirait fortement l’offre disponible sur le marché international. Les routes alternatives restent limitées.
Les marchés sous tension
Les marchés ont immédiatement réagi. Les prix du pétrole ont progressé dès l’annonce des tensions.
Interrogé par Reuters, Ajay Parmar, directeur énergie chez Independent Commodity Intelligence Services (ICIS), — l’un des plus importants fournisseurs mondiaux de données, d’analyses et de renseignements commerciaux pour les marchés des matières premières — a déclaré que « Bien que les attaques militaires soutiennent en elles-mêmes les cours du pétrole, le facteur clé ici est la fermeture du détroit d’Ormuz… Nous nous attendons à ce que les prix ouvrent bien plus près des 100 $ [environ 55 972 FCFA, Ndlr] le baril, et qu’ils dépassent peut-être ce niveau si nous constatons une interruption prolongée du passage dans le détroit. »
Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, « si le détroit d’Ormuz ne peut plus être utilisé et que le trafic en provenance du Golfe est effectivement réduit de 8 à 10 millions de barils par jour, cela entraînerait une hausse significative des prix ».
Impact en Afrique et en Europe
En Afrique, les pays dépendants des importations de produits pétroliers pourraient voir leurs coûts augmenter. Le renchérissement du fret maritime et des assurances pèserait aussi sur les échanges commerciaux.
En Europe, une hausse durable du pétrole pourrait rapidement se répercuter sur les prix des carburants et de l’énergie. Les industries et le transport seraient directement concernés.
Sophie Meritet a toutefois nuancé sur TF1. « Il y a quand même des stocks. Il y a quand même une chaîne de valeur qui ne va pas être impactée de suite. On va attendre quelques jours, voire quelques semaines pour avoir un impact sur le prix. »
Une situation suivie de près
Le détroit d’Ormuz a déjà été au centre de tensions par le passé, sans fermeture durable. Son importance stratégique en fait une zone étroitement surveillée par les grandes puissances.
Pour l’instant, les attaques signalées, la suspension de certains passages et la hausse des prix constituent les premiers effets visibles. L’évolution du conflit dans les prochains jours sera déterminante pour le commerce mondial et les marchés énergétiques.

