Dans la nouvelle dynamique institutionnelle et politique établie à la faveur de la révision constitutionnelle intervenue au petit matin de ce 15 novembre, l’opposant politique voit ses prérogatives davantage restreintes dans la vie démocratique béninoise.
Le député Orden Alladatin, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, a apporté des précisions sur la place de l’opposition dans la dynamique politique instaurée par la nouvelle révision de la Constitution. C’était lors d’une interview accordée à Bip radio, ce samedi 15 novembre 2025.
Selon l’élu du parti Union progressiste le Renouveau, la nouvelle architecture constitutionnelle consacre une trêve politique visant à stabiliser l’action publique entre deux cycles électoraux. « L’opposition, son rôle n’est pas de dire : « ce que le gouverneur a dit, nous ne l’appliquerons pas. Jamais nous ne le ferons au 229 » », a-t-il affirmé. À l’en croire, la fonction de l’opposant reste celle de la critique constructive et de la proposition, et non celle de l’obstruction systématique.
Pour Orden Alladatin, la trêve politique permet de garantir la mise en œuvre du projet de société validé par le peuple lors de l’élection présidentielle. « Dès lors qu’un président de la République a vendu son projet de société, et que le peuple souverain lui a fait confiance, vous ne pouvez plus contester ses décisions », a-t-il insisté.
Le parlementaire a par ailleurs défendu la légitimité des représentants élus à conduire les affaires de l’État sans entrave, rappelant que la démocratie moderne repose sur un mandat délégué, et non sur une confrontation permanente. « La démocratie ne veut pas dire empêcher les représentants du peuple de faire leur boulot. C’est un biais démocratique », a-t-il souligné.
À l’état, une seule année d’action politique dont quarante-cinq jours de campagne électorale ouverts sont désormais autorisés pour que la politique politicienne se manifeste dans cette nouvelle arène que vient de consacrer la loi modificative du texte fondamental du Bénin.

