À peine investi président de la République du Bénin, Romuald Wadagni a dévoilé un gouvernement de 24 membres marqué par plusieurs innovations institutionnelles. Création d’un ministère dédié à l’intelligence artificielle, autonomie accordée à la Communication, nouvelles délégations financières.
Le nouveau pouvoir béninois veut imprimer sa marque dès les premières heures du mandat. Formé le 24 mai 2026, le gouvernement dirigé par Romuald Wadagni introduit plusieurs changements majeurs dans l’architecture de l’Exécutif béninois.
Avec vingt-quatre ministres contre vingt et un dans la précédente équipe gouvernementale, ce nouvel organigramme se distingue par la création de cinq nouvelles fonctions ministérielles, dont trois délégations rattachées au ministère de l’Économie et des Finances.
L’intelligence artificielle fait son entrée officielle au gouvernement béninois
La principale nouveauté concerne la création du ministère de la Transformation Digitale et de l’Innovation (MTDI), désormais chargé des questions liées à l’intelligence artificielle et à l’innovation technologique. Ce portefeuille stratégique a été confié à Mahuna Akplogan.
Sous le précédent régime, il existait uniquement un ministère du Numérique et de la Digitalisation. Avec cette nouvelle appellation, l’intelligence artificielle devient officiellement une priorité gouvernementale au Bénin.
À travers ce choix, le président Romuald Wadagni semble vouloir accélérer la transformation numérique de l’administration béninoise et renforcer le positionnement du pays sur les enjeux technologiques africains.
La Communication redevient un ministère à part entière
Autre changement majeur : la création du ministère de la Communication et des Médias (MCM).
Le portefeuille est confié à Aurélie Adam Soule Zoumarou, ancienne ministre du Numérique et de la Digitalisation sous le régime Talon.
Cette nouvelle structure marque le retour d’un ministère exclusivement consacré à la communication gouvernementale et au secteur des médias.
Un ministère des Finances éclaté en trois pôles spécialisés
Le gouvernement Wadagni mise également sur une gestion plus segmentée des finances publiques.
Trois ministres délégués font leur apparition auprès du ministère de l’Économie et des Finances.
Ainsi, Nicolas Yenoussi devient ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance (MFF).
De son côté, Rodrigue Chaou prend en charge le Budget et la Fonction publique (MBFP).
Enfin, Hugues Oscar Lokossou hérite du portefeuille des Ressources extérieures et de la Gestion de la dette (MMG).
Cette nouvelle organisation traduit une volonté de renforcer le contrôle des finances publiques et de spécialiser davantage le pilotage économique de l’État.
Tourisme, commerce et investissement privé fusionnés
Le gouvernement procède aussi à une réorganisation de plusieurs départements ministériels.
Le ministère du Tourisme et de la Culture devient désormais le ministère du Tourisme, du Commerce extérieur, de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement privé (MTCE). Ce vaste portefeuille économique est confié à Olushegun Adjadi Bakari.
Le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance change également de nom pour devenir le ministère de la Famille et de l’Action sociale.
Du côté des Sports, le portefeuille dirigé par Benoît K. M. Dato s’élargit avec l’ajout de l’Engagement civique.
Deux ministères disparaissent
Cette nouvelle équipe gouvernementale acte aussi la suppression de deux postes stratégiques de l’ère Talon.
Le ministère d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, occupé jusque-là par Abdoulaye Bio Tchané, n’a pas été reconduit.
Même constat pour le ministère du Travail et de la Fonction publique précédemment dirigé par Adidjatou A. Mathys. Une partie de ses compétences est désormais transférée à la délégation chargée du Budget et de la Fonction publique.
Avec cette nouvelle architecture gouvernementale, Romuald Wadagni affiche clairement ses priorités : accélérer la modernisation numérique du Bénin, intégrer l’intelligence artificielle dans l’action publique et renforcer le suivi des finances de l’État.

