Deux hommes risquent gros pour avoir simplement acheté un téléphone d’occasion. Le parquet spécial de la CRIET a requis contre eux cinq ans de prison, dont trois ans ferme, après avoir retrouvé dans leurs appareils des données jugées liées à la cybercriminalité.
Un agent commercial de MTN et un étudiant se sont retrouvés côte à côte, lundi 17 août 2026, devant la chambre correctionnelle de la CRIET. Rien ne les liait au départ, si ce n’est ce même malheur, avoir acheté un téléphone dont ils ignoraient, disent-ils, ce qu’il contenait vraiment. Le parquet leur reproche des faits d’escroquerie en ligne et réclame contre chacun cinq ans d’emprisonnement, dont trois ferme.
À la barre, les deux hommes racontent chacun leur histoire, mais le fond se ressemble. Selon les informations rapportées par Libre Express, l’agent commercial explique avoir acheté son téléphone à un vendeur ambulant, sans se poser plus de questions. Il l’a utilisé pendant plusieurs mois, sans jamais se douter qu’il transportait dans sa poche un appareil compromis.

L’étudiant, lui, décrit une transaction plus simple en apparence. Il aurait payé 80 000 francs CFA pour son téléphone, dont 30 000 francs versés d’avance au propriétaire de l’appareil. Ce dernier, parti en voyage selon son récit, lui aurait même interdit de s’en servir tant que le solde ne serait pas réglé. Comme son co-prévenu, il jure n’avoir rien su des données cybercriminelles retrouvées dans le téléphone.
Deux histoires, donc, mais un même problème pour la défense. Ni l’un ni l’autre n’a pu montrer une preuve d’achat pour son téléphone, un détail que le procureur n’a pas manqué de relever dans ses réquisitions. C’est précisément ce vide qui a pesé dans la décision du parquet de maintenir une demande de peine aussi lourde.

Face à ces arguments, les avocats des deux prévenus ont plaidé pour la relaxe, estimant que le doute devait profiter à leurs clients. La balle est désormais dans le camp de la cour, qui a mis le dossier en délibéré. Le verdict tombera le 19 octobre 2026.

