Trente-sept bébés nés en un an, onze autres en route, ce sont ces chiffres qui ont marqué la deuxième édition du congrès international du MIEFF, consacrée à l’infertilité. L’ONG veut continuer à accompagner les couples qui peinent à avoir un enfant, loin des jugements et des regards accusateurs.
Le Ministère international pour l’épanouissement des femmes et des familles a réuni couples, spécialistes et fidèles le dimanche 30 août 2026 au Palais des congrès de Cotonou, pour la deuxième édition de son congrès international. Placée sous le thème « Il n’y aura pas de femme stérile dans ma maison », la rencontre a permis à l’ONG de présenter un premier bilan de son accompagnement : 37 accouchements enregistrés au cours de l’année écoulée et 11 femmes actuellement enceintes.
Selon Anne-Marie Awadjihè Kpoviessi, promotrice du MIEFF, ces chiffres racontent surtout des histoires vécues. « Derrière ces chiffres, il y a des histoires, des couples qui ont attendu, des familles qui ont traversé des moments difficiles. Chaque naissance représente une histoire, chaque grossesse représente une chance et, derrière chaque histoire, il y a une famille », explique-t-elle.
Toute la soirée a tourné autour d’unemême idée, en finir avec le réflexe qui pousse à désigner la femme seule responsable quand un couple n’arrive pas à avoir d’enfant. Anne-Marie Awadjihè Kpoviessi le rappelle sans détour : « La question de la fertilité ne concerne pas uniquement la femme. L’homme aussi peut être confronté à des difficultés de fertilité. La femme aussi peut l’être. Et parfois, les difficultés peuvent concerner les deux membres du couple. »

Chercher des solutions plutôt qu’un coupable
Pour la promotrice du MIEFF, ce changement de regard doit aussi changer la façon d’accompagner les couples. Elle insiste sur la nécessité de ne pas chercher un coupable, mais des solutions, de l’information et un accompagnement. « Lorsque nous traversons l’épreuve, nous ne devons pas chercher un coupable. Nous devons chercher des solutions. Nous devons chercher l’information. Nous devons chercher l’accompagnement », a-t-elle martelé.
La gynécologue-obstétricienne et spécialiste en infertilité Nicole Wongla Tognon a, elle aussi, appelé les personnes confrontées à ces difficultés à ne pas rester dans l’attente ou le découragement. Pour elle, l’une des premières étapes consiste à rechercher médicalement l’origine du problème. « Ce n’est pas la fin, ce n’est pas définitif. Il y a une solution. Il suffit juste d’avoir les bonnes informations et d’aller consulter un spécialiste en infertilité. Parce que des solutions existent », a-t-elle expliqué.
La spécialiste insiste sur l’importance du diagnostic. « Quand il y a un problème, on a des solutions. Il suffit juste de trouver le problème. Et ça se fait en faisant des analyses », a-t-elle ajouté.
Dans cette démarche, le silence et le repli ne constituent pas des solutions, estime-t-elle. « Il ne suffit pas de rester à la maison, de se morfondre. Il faut se lever pour chercher la solution », a conseillé la gynécologue.

Des solutions médicales à l’accompagnement du couple
La rencontre n’a pas seulement parlé de médecine. L’invitée d’honneur, la pasteure, autrice et conseillère conjugale Hermione Guidibi, est intervenue sur l’attente d’un enfant qui tarde à venir et sur la façon de préserver son couple, son amour et son intimité pendant cette période. Témoignages, ateliers pratiques et moments de louange ont complété le programme de la soirée.
Pour Colette Das, chantre présente à la rencontre, l’un des mérites du congrès est justement d’avoir contribué à remettre en cause les préjugés qui entourent l’infertilité. « On se dit que le problème, c’est la femme puisque c’est elle qui porte le bébé. Mais ce soir, on nous a vraiment expliqué que le problème peut venir de tout le monde. Ça peut venir des hommes comme ça peut venir des femmes », a-t-elle témoigné.
La participante souhaite toutefois voir ce type d’initiative se multiplier. Elle estime que le rendez-vous gagnerait à être organisé plus régulièrement, plutôt qu’une seule fois par an. « J’aurais voulu qu’au lieu que ça soit annuel, que ça se fasse de façon semestrielle, c’est-à-dire tous les six mois », a-t-elle suggéré.
Pour le MIEFF, cette deuxième édition n’est qu’une étape. Les 37 naissances et les 11 grossesses en cours servent d’encouragement pour continuer à écouter, sensibiliser et orienter les couples vers des professionnels quand il le faut. Anne-Marie Awadjihè Kpoviessi a terminé sur un message adressé directement aux couples présents : « Ne vous abusez pas, ne vous humiliez pas, ne vous rejetez pas. Marchez ensemble. Quand l’un est faible, que l’autre soutienne. Quand l’un doute, que l’autre encourage. »

