Les résultats d’une étude sur la désinformation menée dans six pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont été présentés lors de la deuxième édition de la Digital Rights Academy. Organisée par Paradigm Initiative et Edubourses, la rencontre a également permis de renforcer les capacités des participants sur les droits numériques et les enjeux liés au désordre informationnel.
La désinformation au Bénin était au centre des échanges de la deuxième édition de la Digital Rights Academy. À travers cette rencontre, Paradigm Initiative (PIN) et son partenaire Edubourses ont partagé les conclusions d’une recherche conduite au Bénin, au Sénégal, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Ghana, tout en proposant des pistes pour mieux faire face à ce phénomène.
Organisée les 30 juin et 1er juillet 2026 à Cotonou, cette activité a réuni des journalistes, des acteurs de la société civile, des juristes, des régulateurs, des représentants d’institutions publiques et d’autres professionnels du numérique autour des droits numériques.
Le rapport présenté, intitulé « L’Afrique face à la désinformation », est le résultat d’une recherche réalisée entre janvier et juillet 2025. Chaque pays concerné a été confié à un chercheur. Au Bénin, l’étude a été conduite par le Dr Wenceslas Mahoussi, président de l’ONG Edubourses.

Les principaux enseignements du rapport
Au cours des travaux, le Dr Wenceslas Mahoussi a rappelé que « Les droits numériques sont aussi des droits humains. Paradigm Initiative et son partenaire Edubourse sont dans la logique non seulement de faire appliquer les droits numériques, mais de faire en sorte que ces droits numériques s’exercent dans le concret. »
Selon les résultats présentés, la désinformation prend plusieurs formes au Bénin. Il s’agit notamment de fausses informations diffusées pendant les périodes électorales, de déclarations attribuées à tort à des personnalités publiques, de fausses alertes ou encore de propos sortis de leur contexte. Le rapport relève que ces contenus sont relayés par des acteurs politiques, des activistes, des influenceurs et parfois des citoyens qui les partagent sans vérification.
L’étude indique également qu’environ 4,71 millions de Béninois ont aujourd’hui accès à Internet. Si cette évolution favorise l’accès à l’information, elle accélère aussi la diffusion des fausses informations sur les plateformes numériques.
Les chercheurs attribuent cette situation à plusieurs facteurs, dont la faible culture médiatique et informationnelle, la fracture numérique, l’anonymat sur les plateformes et la rapidité avec laquelle les contenus circulent en ligne.
Pour réduire les effets de la désinformation, le rapport recommande de renforcer l’éducation aux médias, de développer les initiatives de vérification des faits, de mieux coordonner les actions des différents acteurs et d’associer davantage les décideurs publics, les leaders communautaires et les responsables religieux aux actions de sensibilisation.

Revue du cadre juridique et de la protection des données
Au-delà de la présentation du rapport, la Digital Rights Academy a permis aux participants de mieux connaître le cadre juridique des droits numériques au Bénin, les règles relatives à la protection des données personnelles ainsi que plusieurs outils développés par Paradigm Initiative pour documenter les violations des droits numériques et accompagner les victimes.
À la fin de cette deuxième édition, les organisateurs ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les actions de formation, de sensibilisation et de plaidoyer afin de promouvoir les droits numériques et de renforcer la lutte contre la désinformation dans les pays concernés.

