La Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi a engagé une réforme de ses programmes de formation. Réunis du 8 au 12 juin 2026 à Porto-Novo et à Lokossa, des experts de l’institution travaillent à l’actualisation des curricula, avec l’intégration de nouvelles disciplines, dont la médecine traditionnelle et l’intelligence artificielle.
Les futurs médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes formés à la Faculté des Sciences de la Santé seront désormais appelés à acquérir des connaissances en médecine traditionnelle et en intelligence artificielle. Cette orientation figure parmi les principales innovations introduites dans le cadre de la révision des programmes de formation actuellement menée par l’institution.
Cette réforme pédagogique d’envergure se déroule simultanément sur deux sites. À Porto-Novo, les travaux portent sur les formations doctorales en médecine, en pharmacie et en odonto-stomatologie. À Lokossa, les experts examinent les cursus de kinésithérapie, de nutrition-diététique et d’assistance sociale.
L’objectif affiché est de moderniser les enseignements afin de mieux répondre aux réalités actuelles du secteur de la santé et aux défis à venir. Les différents programmes sont ainsi passés en revue pour intégrer des compétences devenues essentielles dans l’exercice des professions de santé.
Outre la médecine traditionnelle et l’intelligence artificielle, les nouveaux curricula incluront notamment la santé numérique, l’entrepreneuriat, le leadership, la communication, l’humanisation des soins ainsi que le bilinguisme français-anglais.
Cette évolution crée un changement important dans l’approche de formation de la FSS, historiquement axée sur les savoirs biomédicaux classiques. Elle vise à élargir les compétences des apprenants et à les préparer à un environnement sanitaire en constante mutation.
Une réforme adaptée aux réalités du terrain
La réforme s’inscrit dans la vision « Bénin 2060 ». Selon les données du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle, plus de 80 % de la population béninoise y ont recours pour leurs soins. Pourtant, jusqu’à présent, aucun module formel consacré à la médecine traditionnelle n’était intégré au parcours de formation des futurs médecins.
L’introduction de cette discipline, aux côtés de l’intelligence artificielle et des autres compétences transversales retenues, devrait contribuer à adapter davantage les formations de la Faculté des Sciences de la Santé aux besoins du système sanitaire béninois et aux évolutions du secteur.

