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« Soigner d’abord, régler ensuite » au Bénin : pour les urgences vitales, le gouvernement dévoile ce qui change désormais dans les hôpitaux publics

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Le gouvernement béninois passe à l’action sur l’une des promesses phares du président Romuald Wadagni. Depuis le 3 juin 2026, toute personne en situation d’urgence vitale peut être admise et soignée immédiatement dans les hôpitaux et centres de santé publics, sans paiement préalable. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 5 juin à Cotonou, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, et le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, ont détaillé les modalités de cette réforme présentée comme une avancée pour l’accès aux soins au Bénin.

Le gouvernement béninois veut mettre fin aux situations où des patients en détresse voient leur prise en charge retardée en raison de contraintes financières. Désormais, tout patient dont le pronostic vital est engagé doit recevoir immédiatement les soins nécessaires dans les établissements publics de santé, sans aucune condition de paiement préalable. Cette mesure, annoncée lors du Conseil des ministres du mercredi 3 juin 2026, est officiellement entrée en vigueur sur toute l’étendue du territoire national.

Face à la presse à Cotonou, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a expliqué que les équipes médicales ont désormais l’obligation de privilégier l’urgence thérapeutique avant toute démarche administrative ou financière. « Le gouvernement a mis le milliard en place pour que les hôpitaux ne soient pas en rupture de stock pour la prise en charge des urgences vitales », a-t-il déclaré.

Un milliard de FCFA pour soutenir les hôpitaux publics

Afin d’assurer l’efficacité du dispositif, l’exécutif a prévu une enveloppe spéciale d’un milliard de FCFA destinée à renforcer les stocks de médicaments, consommables et autres intrants médicaux nécessaires aux interventions d’urgence.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette dotation permettra aux formations sanitaires publiques de disposer des ressources indispensables pour prendre en charge rapidement les patients dont la vie est menacée.

L’objectif affiché est clair : éviter qu’un manque de matériel ou de médicaments ne compromette la survie d’un patient nécessitant une intervention immédiate.

Une mesure pour tous les citoyens

Interrogé sur les bénéficiaires du dispositif, le ministre et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a insisté sur son caractère inclusif. « La mesure est valable pour tout le monde », a-t-il affirmé.

Aucune distinction ne sera faite en fonction des revenus, du lieu de résidence ou de la situation sociale des patients. Toute personne confrontée à une urgence vitale dans un établissement public de santé pourra bénéficier de cette prise en charge immédiate.

Au-delà de l’annonce, l’exécutif souhaite inscrire cette mesure dans la durée et en faire un pilier du système de santé béninois. « L’enjeu, c’est de pérenniser à terme ce mécanisme », a souligné Wilfried Houngbédji.

Le gouvernement entend ainsi transformer durablement les pratiques hospitalières afin que les considérations financières ne constituent plus un obstacle à la prise en charge des situations les plus critiques.

Un financement jugé sécurisé malgré l’attente du collectif budgétaire

La question du financement a également été abordée lors de la conférence de presse. Le milliard de FCFA prévu pour soutenir le dispositif figure dans le collectif budgétaire qui doit encore être examiné par l’Assemblée nationale.

Mais pour le porte-parole du gouvernement, il n’existe aucun risque de blocage. « C’est une question de vie ou de mort. Nous avons l’assurance de disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale. Chaque député est aussi concerné. Ils ne pourront donc s’y opposer », a-t-il assuré.

Les autorités invitent ainsi les responsables des formations sanitaires à appliquer immédiatement la mesure sans attendre les dernières étapes administratives.

Une promesse de campagne devenue réalité

La prise en charge systématique des urgences vitales constituait l’un des engagements majeurs du président Romuald Wadagni durant la campagne présidentielle.

Le chef de l’État avait alors promis de mettre fin aux décès liés aux retards de soins provoqués par les exigences financières ou administratives. « Désormais, de façon systématique, automatique pour les urgences vitales, on vous soigne d’abord », avait-il déclaré durant la campagne.

Avec l’entrée en vigueur de cette réforme, le gouvernement entend concrétiser cette promesse et renforcer l’accès équitable aux soins pour tous les citoyens.

Philippe G. LOKONON


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