L’APMS-Bénin, en partenariat avec l’ABMS, poursuit la formation des journalistes et créateurs de contenus sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. À Bohicon, une session pratique a permis de réfléchir aux responsabilités des médias face aux tabous, aux préjugés et à la désinformation.
Les journalistes et créateurs de contenus béninois sont de plus en plus appelés à mieux traiter les questions liées à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (SDSR). Pour y parvenir, l’Alliance des Professionnels des Médias pour la Santé au Bénin (APMS-Bénin) a organisé, avec l’appui technique et financier de l’Association béninoise pour le marketing social et la communication pour la santé (ABMS), une série de formations pour renforcer leurs capacités et améliorer la qualité des informations diffusées au public.
La deuxième étape de cette tournée s’est tenue ce mercredi 6 mai 2026 au siège de Icône TV à Bohicon. Elle intervient après une session inaugurale organisée à Porto-Novo et s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la liberté de presse. L’objectif de cet atelier multi-villes est d’aider les professionnels des médias à mieux comprendre et traiter les sujets sensibles liés à la sexualité et à la santé reproductive.
Dès le début de la session, les organisateurs ont choisi une méthode simple et concrète. Un cas pratique a été présenté aux participants. Il s’agit de l’histoire d’une adolescente en difficulté après avoir été accusée d’activités de mise en relation à caractère sexuel dans son milieu scolaire. La situation a rapidement dégénéré à cause du manque de dialogue, de la réaction violente de l’entourage et de l’isolement de la jeune fille.
Les échanges ont ensuite permis aux participants d’apporter leur contribution. Plusieurs questions ont été posées sur la manière de traiter ce type d’information dans les médias. Comment parler de sexualité sans choquer ni stigmatiser ? Comment informer correctement tout en protégeant les personnes concernées ? Ces interrogations ont guidé les discussions tout au long de la formation.

Des notions revisitées
Au cours des débats, les participants ont été amenés à revoir certaines pratiques journalistiques. L’objectif est de les encourager à adopter une approche plus responsable, surtout sur des sujets encore sensibles dans la société. La formation insiste également sur la nécessité de lutter contre les fausses informations et les idées reçues.
Pour les organisateurs, cette initiative répond à plusieurs besoins. Elle vise d’abord à actualiser les connaissances des journalistes sur les SDSR, mais aussi à améliorer la qualité des contenus diffusés. Elle cherche enfin à encourager des productions médiatiques capables d’avoir un impact positif sur les comportements.
Le président de l’APMS-Bénin, Venance Tonongbé, a salué l’engagement des participants. « Il devient indispensable de doter les journalistes des outils nécessaires pour aborder ces sujets avec exigence, précision et sens des responsabilités ».
De son côté, l’ABMS considère cette formation comme un moyen important pour prévenir certaines crises sociales liées à la santé sexuelle, mais aussi pour encourager une parole plus libre et mieux informée sur ces questions.

