À l’occasion de la 33e Journée internationale de la liberté de presse, le président de la HAAC, Édouard Loko, invite les professionnels des médias à réfléchir à leur rôle dans le contexte de la trêve politique instaurée par la réforme constitutionnelle de 2025.
Le président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, Édouard Loko, a appelé les journalistes et les responsables de médias à s’interroger sur leur place dans la période de trêve politique en cours au Bénin. C’était à l’occasion de la célébration de la 33e édition de la Journée internationale de la liberté de presse, le 03 mai à Cotonou.
Face aux acteurs des médias, Édouard Loko a décrit la trêve politique comme une nouvelle réalité qui change les habitudes du paysage médiatique. « Désormais, il y a la trêve politique. La HAAC ne laissera pas les médias se substituer aux politiques. La politique a été pour une bonne part notre fonds de commerce. Ce fonds de commerce qu’on veut geler, comment nous allons faire ? C’est une réflexion que nous devons mener ensemble », a-t-il insisté.
Mise en place par la révision constitutionnelle de novembre 2025, la trêve politique suspend les activités politiques à caractère électoral en dehors des périodes prévues. Elle met fin à la « campagne permanente » et demande aux partis de se concentrer sur la gestion publique jusqu’à douze mois avant les élections.
Selon le législateur, cette réforme vise à renforcer la stabilité et la paix sociale, en limitant les tensions politiques jugées inutiles, et en encourageant des actions plus constructives durant les mandats désormais fixés à sept ans.
Le président de la HAAC a par ailleurs, salué l’engagement des professionnels des médias malgré les difficultés. « Dix ans après, nous sommes presque tous encore là. Ça n’a pas été facile. Vous avez tenu. Nous allons nous aider à tenir davantage », a-t-il déclaré, appelant à poursuivre les efforts pour un secteur plus crédible et responsable.
Mais dans ce nouveau contexte de critiques constructives, les médias sont appelés à s’adapter. Édouard Loko met l’accent sur la nécessité de repenser les pratiques journalistiques pour continuer à informer, tout en respectant les règles liées à la trêve politique.

