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Arrestation de Hugues Sossoukpè et Ali Moumouni : Reporter sans frontières assigne le Bénin et la Côte d’Ivoire en justice devant la Cour de la CEDEAO

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L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour dénoncer l’implication présumée du Bénin et de la Côte d’Ivoire dans l’enlèvement, le transfert forcé et la détention des journalistes Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni en 2025.

Reporters sans frontières engage une action en justice contre le Bénin et la Côte d’Ivoire devant la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire concernant Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni. L’ONG accuse les deux pays d’avoir participé à une série de faits graves : enlèvement, transfert forcé et détention jugée arbitraire du journaliste d’investigation, conduit d’Abidjan à Cotonou en juillet 2025.

La requête a été déposée le 24 avril 2026 par l’avocat Koffi Sylvain Mensah Attoh. RSF souhaite faire reconnaître des violations du droit, notamment en matière de protection des réfugiés, de liberté de la presse et du droit à l’information. L’organisation demande aussi la libération des deux journalistes.

Pour RSF, les faits sont préoccupants. « Enlèvement, exfiltration dans un avion privé, détention arbitraire, recherche des sources et arrestation d’un présumé collaborateur… Ce qui est arrivé à Hugues Comlan Sossoukpè puis à Ali Moumouni n’est malheureusement pas tiré d’un mauvais film d’action », indique l’organisation, qui évoque des « sombres manœuvres » impliquant les deux États.

Dans sa plainte, RSF affirme que la Côte d’Ivoire a remis Hugues Comlan Sossoukpè aux autorités béninoises en dehors de tout cadre légal le 10 juillet 2025. Le journaliste bénéficiait pourtant du statut de réfugié au Togo depuis 2021. L’ONG estime que le Bénin est à l’origine de l’opération et l’accuse, en plus, de détenir arbitrairement les deux journalistes.

Le directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, Sadibou Marong, dénonce une succession de violations : « Hugues Comlan Sossoukpè a été victime d’un enlèvement, d’une séquestration, d’un transfert forcé et d’une remise opérés en dehors de tout cadre légal, ainsi que d’une arrestation arbitraire, dont a également été victime Ali Moumouni ensuite. Ils croupissent injustement dans des geôles béninoises depuis près de neuf mois. RSF exige leur libération immédiate et la réparation des préjudices subis ».

Rappel

Les faits remontent à juillet 2025. Invité à Abidjan par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média d’investigation Olofofo, est interpellé par des officiers béninois. Il est ensuite transféré vers Cotonou à bord d’un avion privé. RSF parle d’une opération menée avec la participation de responsables des deux pays et marquée par plusieurs irrégularités.

Quelques jours plus tard, le 16 juillet, Ali Moumouni est arrêté à Cotonou lors d’une formation dans un collège. Ancien journaliste du groupe Canal 3, il est soupçonné de collaborer avec le média Olofofo depuis septembre 2024. Placé sous mandat de dépôt, il est poursuivi pour plusieurs infractions, dont « incitation à la violence et à la rébellion », « harcèlement par le biais de communications électroniques » et « apologie du terrorisme ».

Philippe G. LOKONON


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