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Église catholique romaine : la Fraternité Saint-Pie X préfère ses évêques au dialogue avec le Vatican, une séparation définitive s’annonce

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Dans une lettre adressée au cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, l’abbé Davide Pagliarani supérieur de la FSSPX, rejette la proposition de dialogue théologique du Saint-Siège. Il confirme la consécration de nouveaux évêques le 1er juillet, malgré l’avertissement de Rome sur un risque de schisme.

La rupture se précise entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX). Dans un courrier adressé au cardinal Víctor Manuel Fernández, l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, estime qu’un dialogue « théologique » n’est pas possible dans le cadre fixé par le Vatican. La décision de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet est donc maintenue.

Le supérieur des disciples de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur du mouvement dans les années 1970 en opposition au Concile Vatican II, dit pourtant accueillir favorablement la proposition romaine. Il y voit une « réponse positive » à la demande de « discussion doctrinale » qu’il avait formulée en janvier 2019, souhaitant un échange « dans un moment serein et pacifique, sans la pression ou la menace d’une éventuelle excommunication ».

Mais il rejette les conditions posées. « Les textes du Concile ne peuvent être corrigés, ni la légitimité de la Réforme liturgique remise en cause », écrit-il. Selon lui, le Concile a été interprété et appliqué depuis soixante ans par les papes successifs, selon des orientations précises.

Il cite notamment Redemptor hominis, Ut unum sint, Evangelii gaudium, Amoris laetitia et le motu proprio Traditionis custodes pour montrer que « le cadre doctrinal et pastoral » est déjà fixé. Dans ces conditions, il juge impossible de définir « les exigences minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique ».

« Dans le constat partagé que nous ne pouvons pas trouver d’accord sur la doctrine, le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église », ajoute-t-il.

La FSSPX, qui ne reconnaît pas la légitimité du rite issu de la réforme liturgique, refuse donc la reprise du dialogue proposée par le dicastère, ainsi que tout report de la date du 1er juillet. Les consécrations épiscopales sont présentées comme « un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition ».

Une rupture définitive ?

Le 12 février, le cardinal Fernández avait pourtant averti qu’une ordination d’évêques sans mandat pontifical constituerait « une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) », avec de « graves conséquences » pour la fraternité.

La situation rappelle 1988, lorsque Mgr Lefebvre avait consacré quatre évêques sans l’accord de Rome. Près de quarante ans plus tard, le désaccord doctrinal demeure et la perspective d’une nouvelle rupture formelle est toute proche.

Philippe G. LOKONON


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