Le consortium SOS Civisme Bénin–Banouto a lancé, mercredi 18 février 2026 à Grand-Popo, un atelier de formation de trois jours au profit de 27 journalistes béninois. L’objectif de cette activité est de renforcer leurs capacités en investigation sur la corruption sexuelle et la sextorsion dans le cadre du projet « Stop Corruption, Stop VBG ».
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Stop Corruption, Stop VBG » au Bénin, le consortium SOS Civisme Bénin–Banouto a réuni, à Grand-Popo, 27 journalistes provenant des médias basés dans le sud du Bénin, pour un atelier d’outillage en investigation. L’activité, prévue sur trois jours, a démarré le mercredi 18 février 2026 par une cérémonie officielle de lancement. L’initiative vise à mieux outiller les professionnels des médias pour enquêter sur les faits de corruption sexuelle et de sextorsion dont sont victimes les filles et les femmes.
Dans son mot de bienvenue, Léonce Gamaï Davodoun, manager général de Banouto, représentant le consortium, a précisé les ambitions de l’atelier. L’activité, vise, a-t-il indiqué, a « contribuer au renforcement des capacités des médias béninois en matière d’investigation journalistique, afin de produire des enquêtes, des reportages d’impact, sensibles au genre sur la corruption sexuelle, la sextortion, et ainsi influencer les politiques publiques et susciter une mobilisation citoyenne visant à briser le silence et à mettre fin à l’impunité ».

Le représentant du consortium a également mis en avant la spécificité du programme. « La particularité de ce programme est que l’action ne va pas prendre fin après l’atelier de formation. Il est prévu tout un processus d’accompagnement des journalistes. Chaque journaliste aura un coach qui va le suivre, l’encadrer, bien évidemment de concert avec sa rédaction, dans la réalisation de productions journalistiques sur la thématique », a-t-il souligné.
Présent à la cérémonie, le conseiller Lionel Gbègonnoudé, représentant le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), a invité les journalistes à observer trois exigences fondamentales dans leurs travaux d’investigation.
« Il est essentiel que chaque journaliste connaisse les textes en vigueur afin de protéger les victimes, de sécuriser ses productions et d’éviter toute dérive pouvant porter atteinte aux droits des personnes », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la prudence dans le traitement de ces informations sensibles. « Le sensationnalisme n’a pas sa place. Le respect de la dignité humaine, la protection des sources, la prudence dans le traitement de l’information et l’équilibre dans la présentation des faits doivent demeurer des principes non négociables », a-t-il rappelé.
Pour le Conseiller, la liberté de presse s’accompagne d’un devoir de responsabilité. « La crédibilité des médias repose sur la qualité du travail produit, la vérification rigoureuse des informations et le respect des règles déontologiques », a-t-il ajouté.
En mettant l’accent sur la corruption sexuelle et la sextorsion, le projet « Stop Corruption, Stop VBG » entend contribuer à briser le silence autour de ces pratiques et à renforcer la redevabilité.
Au total, cinquante journalistes radio, télé, presse écrite et médias en ligne, sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures, seront formés dans le cadre du projet. Après Grand-Popo, un autre atelier est prévu à Parakou, à l’intention des journalistes basés dans le nord.

