Le commandant de l’opération Mirador, le colonel André Dokoui Fofo, a dressé un état des lieux de la situation sécuritaire dans le nord du Bénin. Il évoque une situation globalement maîtrisée malgré des attaques récentes.
Le colonel André Dokoui Fofo, commandant de l’opération Mirador, a exposé la situation sécuritaire qui prévaut actuellement sur le front de la lutte contre le terrorisme dans le Nord du Bénin. S’exprimant jeudi 19 mars 2026 sur Bip radio, en marge d’une rencontre tripartite entre les chefs d’état-major généraux du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France à Cotonou, le commandant de l’opération Mirador a détaillé la dynamique sur le terrain. « La situation sur le plan opérationnel et sécuritaire de l’opération Mirador est une situation relativement calme. Nous avons la maîtrise parfaite de l’ennemi », a-t-il déclaré.
Le colonel souligne toutefois que les groupes armés restent imprévisibles. « Nous sommes convaincus que l’ennemi, chaque jour qui naît, est en perpétuelle mutation », a-t-il précisé, indiquant que les forces béninoises s’adaptent en permanence pour conserver l’avantage.
Malgré cette situation jugée maîtrisée, des pertes ont été enregistrées. « Nous avons eu trois attaques au cours desquelles nous avons perdu des soldats », a-t-il reconnu, tout en affirmant que cela ne fait pas du Bénin « un terrain facile pour l’ennemi ».
Selon lui, les groupes armés sont mobiles et utilisent parfois les populations comme boucliers. Face à cela, l’armée béninoise reste engagée dans une approche professionnelle. « Nous sommes une armée professionnelle et nous devons rester conventionnels », même si cela peut parfois peser sur les résultats opérationnels.
Pour le commandant, la menace terroriste a contraint l’armée à s’adapter en profondeur. « La menace telle qu’elle se présente à nous nous a permis de nous adapter, de nous réadapter, de nous rééquiper », a-t-il expliqué. Il a notamment évoqué des efforts matériels et un renforcement du moral des troupes.
Au-delà des moyens militaires, le colonel André Dokoui Fofo met l’accent sur le défi de la coopération régionale. « Cette lutte-là n’est pas une lutte d’un pays. La menace n’est pas nationale, elle est transnationale », a-t-il insisté.
Il note que la collaboration avec la Côte d’Ivoire constitue déjà un appui important, mais juge cet effort insuffisant face à des groupes armés qui circulent librement entre le Bénin, le Togo, le Burkina Faso et le Niger. « L’ennemi terroriste ne connaît pas les frontières », a-t-il rappelé.

