lamétéo.info
Actualités

Bénin-Burkina Faso : sécurité, économie et liens humains au cœur de la visite de Wadagni pour relancer la coopération avec Ouagadougou

Partager

Le président béninois Romuald Wadagni a effectué ce mardi 2 juin 2026 une visite d’amitié et de travail à Ouagadougou où il a été reçu par le capitaine Ibrahim Traoré. Cette rencontre entre les deux chefs d’État traduit leur volonté commune de renforcer les liens entre le Bénin et le Burkina Faso après plusieurs années de tensions diplomatiques.

Après son déplacement au Niger, Romuald Wadagni a poursuivi sa tournée dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec une étape au Burkina Faso. À son arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou, il a été accueilli par Ibrahim Traoré, président en exercice de l’organisation sahélienne, entouré de membres du gouvernement et de responsables des institutions du pays.

Les deux dirigeants se sont ensuite retrouvés au palais présidentiel de Koulouba pour une séance de travail consacrée à l’examen des relations entre leurs deux États ainsi qu’aux principaux enjeux de la sous-région.

Des relations à relancer

La rencontre de Ouagadougou intervient après plusieurs années de refroidissement entre les deux pays. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré en septembre 2022, les relations entre Cotonou et Ouagadougou ont été marquées par plusieurs désaccords diplomatiques.

Les autorités burkinabè ont notamment accusé à plusieurs reprises le Bénin d’héberger des bases militaires françaises destinées à déstabiliser les pays membres de l’Alliance des États du Sahel. Des accusations rejetées par Cotonou, qui a toujours affirmé qu’aucune preuve n’avait été présentée pour les étayer.

En juillet 2024, les tensions avaient franchi un nouveau palier lorsque le gouvernement béninois avait convoqué l’ambassadeur du Burkina Faso à la suite de déclarations publiques d’Ibrahim Traoré jugées inamicales envers le Bénin. Dans le même temps, la coopération sécuritaire entre les deux pays était restée pratiquement au point mort, notamment en raison de l’absence de mécanisme de coordination militaire transfrontalière. Ce passif diplomatique figurait parmi les principaux dossiers abordés par les deux chefs d’État.

Trois priorités

Sur le volet sécuritaire, les deux présidents ont insisté sur « l’impérieuse nécessité de renforcer la coopération, la solidarité et la concertation entre États voisins face aux menaces communes, notamment le terrorisme, la criminalité transfrontalière organisée et toutes les formes d’extrémisme violent ».

Cet engagement est particulièrement important pour le Bénin dont les zones septentrionales restent exposées aux attaques de groupes armés actifs dans les espaces frontaliers.

Les discussions ont également porté sur les questions économiques. Les deux chefs d’État ont souligné le rôle stratégique du port autonome de Cotonou dans l’approvisionnement du Burkina Faso, pays enclavé. Ils se sont engagés à renforcer la coopération « en matière de facilitation du transit, de transport et de logistique ».

Les perspectives de collaboration dans les domaines du commerce, de l’industrie, de l’artisanat et de la promotion des investissements ont aussi été examinées. Les deux parties ont convenu d’encourager « davantage les échanges économiques et les investissements croisés au bénéfice des opérateurs économiques et des populations des deux pays ».

Les deux dirigeants ont par ailleurs salué les liens historiques et humains qui unissent les populations béninoise et burkinabè. Ils ont estimé que cette proximité constitue « un levier supplémentaire de coopération et d’intégration ».

Des engagements concrets

Pour donner une suite concrète aux décisions prises, les présidents ont demandé à leurs ministres des Affaires étrangères d’organiser « dans les meilleurs délais » la cinquième session de la Grande Commission mixte de coopération Burkina Faso-Bénin et d’accélérer la finalisation des accords encore en attente.

Au terme de la rencontre, Romuald Wadagni a invité Ibrahim Traoré à effectuer une visite officielle au Bénin. Le président du Faso a accepté cette invitation, dont les modalités seront définies par les canaux diplomatiques.

Les deux chefs d’État ont finalement exprimé leur conviction que cette rencontre « marquera une étape importante dans la relance et le renforcement du partenariat entre le Burkina Faso et la République du Bénin, au service de la prospérité partagée et du bien-être de leurs peuples ».

Philippe G. LOKONON


Partager

Articles similaires

Bénin: Le recrutement de 100 gardes forestiers bientôt annoncé

Venance TONONGBE

Coup d’État au Niger : Boni Yayi contre la fermeture des frontières et des sanctions de la CEDEAO

Venance TONONGBE

Élections professionnelles au Bénin : Voici les résultats !

Venance TONONGBE

Laissez un commentaire

You cannot copy content of this page