Internet sans frontières et l’Union des professionnels des médias du Bénin ont organisé à Cotonou un atelier d’évaluation à mi-parcours des recommandations acceptées par le Bénin dans le cadre de l’Examen périodique universel, notamment celles liées à la liberté d’expression et au Code du numérique.
Les acteurs étatiques, journalistes, blogueurs, juristes et organisations de la société civile ont échangé sur l’état de mise en œuvre des recommandations formulées à l’endroit du Bénin dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU), en lien avec le Code du numérique. La rencontre, organisée jeudi 12 mars 2026 à Cotonou par l’organisation Internet sans frontières en collaboration avec l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), visait à faire un point d’étape sur ces engagements.
L’atelier a permis de partager les démarches déjà entreprises et de recueillir les contributions des différents acteurs sur les perspectives de mise en œuvre des recommandations acceptées par le pays.
Dans son mot de bienvenue, Qemal Affagnon, responsable de la section Afrique de l’Ouest d’Internet sans frontières, a expliqué que la rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi des engagements pris par le Bénin au titre du mécanisme de l’EPU.
« Cet atelier vient d’être organisé dans le but de faire une évaluation à mi-parcours des recommandations acceptées par le Bénin en relation avec le Code du numérique. Nous nous sommes regroupés ici parce que le Bénin a accepté des recommandations dans le cadre du mécanisme de l’Examen périodique universel », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’initiative vise également à faciliter l’appropriation de ces recommandations par les acteurs concernés et à renforcer les actions de plaidoyer.
« Nous avons eu des réflexions approfondies qui ont permis de faire remonter une quantité d’informations que nous allons exploiter pour planifier les actions à venir, renforcer le plaidoyer et analyser tout cela de manière conjointe avec notre partenaire APLO », a-t-il ajouté.
Pour Hervé Prudence Hessou, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), la question de la révision de certaines dispositions du Code du numérique demeure importante dans les discussions sur la liberté d’expression.
« Il faut forcément que le Code du numérique, qui est en cause aujourd’hui, notamment les articles 550 et suivants, soit révisé », a-t-il indiqué.
Le responsable des professionnels des médias a également insisté sur la responsabilité des journalistes dans le traitement et la diffusion de l’information.

« Il faut que nous-mêmes, journalistes, sachions que l’article que nous venons de produire est un élément auquel on doit beaucoup réfléchir avant de partager », a-t-il souligné.
De son côté, Delphin Tamadaho, conseiller technique juridique à l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), a rappelé que la liberté d’expression est consacrée par les textes fondamentaux du pays.
« Tous les textes de la République, à partir de la Constitution, consacrent la liberté d’expression. Mais ce que vous pensez être juste et ce que vous avez dit, il faut pouvoir l’assumer », a-t-il affirmé.
Il a également invité les professionnels des médias à maîtriser les fondamentaux de leur métier, surtout dans le contexte du numérique où l’information peut atteindre un grand nombre de personnes en très peu de temps.
Le mécanisme de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies permet d’évaluer périodiquement les engagements des États en matière de droits humains. Le Bénin y a accepté plusieurs recommandations relatives à la liberté d’expression et à la gouvernance du numérique.

