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Une Délégation générale au contrôle et à l’éthique pour les universités du Bénin : Pas d’accord, un enseignant la qualifie de “machin ”

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Installée par le président de la République le vendredi 17 février dernier, la Délégation générale au contrôle et à l’éthique dans l’enseignement supérieur au Bénin essuie les critiques d’un enseignant d’Université d’Abomey-Calavi à la retraite dans un post publié sur les réseaux sociaux.

La mise en place d’une structure dénommée “Délégation générale au contrôle et à l’éthique dans l’enseignement supérieur” au Bénin, considérée par le président Talon comme l’avènement d’une nouvelle ère qui « sonne l’heure du retour des valeurs dans le secteur de l’Enseignement supérieur au Bénin », n’est pas partagé par l’enseignant à la retraite, Augustin Ainamon, Professeur titulaire de littérature et de civilisations américaines à l’Université d’Abomey-Calavi.

Si pour le chef de l’État, la nouvelle structure a pour rôle « d’engager l’assainissement des mœurs, de promouvoir la conscience professionnelle et de veiller à la qualité du contenu des enseignements ; le tout afin que l’éthique et la qualité cessent d’être simplement de jolis mots sans contenu réel », le professeur à la retraite, Augustin Ainamon, quant à lui, remet en cause la démarche qui a conduit à la création de cet organe. « Dans un pays comme le Benin où il y a plus à faire ou à refaire qu’il y en a eu de mal fait ces dernières décennies, l’annonce de l’installation d’un énième machin sans débat et sans concertation avec les acteurs du sous-secteur tombe comme un cheveu sur la soupe et n’apportera rien pour faire pièce au désastre qui s’abat sur le pays depuis quelques années et qui n’épargne aucun secteur, mettant en péril notre vivre ensemble et notre avenir commun.», a-t-il déclaré.

Augustin Ainamon, Professeur titulaire de littérature et de civilisations américaines à l’Université d’Abomey-Calavi

Il soutient qu’il y a eu par le passé, des réflexions qui ont conduit à l’élaboration d’« un avant-projet de loi spécifique à l’enseignement supérieur “portant autonomisation, organisation et financement des universités nationales, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche du Bénin”». Or, selon lui, les propositions issues de cet avant-projet de loi notamment « le financement de la recherche avec l’allocation d’au moins 1% du PIB (hors salaires) au domaine de la recherche scientifique, technologique et de l’innovation.», sont des réflexions qui « ont été ignorées et balayées d’un revers de main par les nouveaux gouvernants .»

Des consultations à la création de la Délégation générale

Lors de l’installation des délégués, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Eléonore Yayi Ladekan a dans son discours indiqué que la création de l’organe est le fruit de la synthèse de plusieurs réflexions antérieures. « Sur 166 documents soumis pour avis, le CNE ( Conseil national de l’éducation), dans une démarche très méthodique et pédagogique a formulé ses réponses avec diligences, avec des commentaires et des recommandations qui nous ont permis de nous améliorer. C’est là une preuve de ce qu’un système soumis à évaluations périodiques génère le professionnalisme et la performance globale.», a-t-elle justifié. Et d’ajouter que le 10 juillet 2021, il y a eu « un séminaire national sur l’élaboration d’une stratégie de développement et de promotion de l’Enseignement supérieur, la Recherche scientifique et l’Innovation.»

LIRE AUSSI: Bénin : Talon rend hommage à certains enseignants d’université

Selon elle, tout ceci aura permis d’ouvrir « un vaste chantier de mise aux normes des universités et centres de recherches, pour capter divers financements et assurer une réelle efficacité interne et externe du sous-secteur.»

Il faut souligner que les critiques du professeur Ainamon sont intervenues pour soutenir l’universitaire Simon-Narcisse Tometin qui a montré “les limites” de la création de l’organe dans un post intitulé “L’enseignement supérieur est malade : à qui la faute ?”

Venance TONONGBE

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